Quoi ? Déjà ?!? Oui, c’est déjà le dernier jour. Dès demain, il faudra remettre le cap vers l’Australie. Tachons donc de profiter de la journée. On a vu la ville, on a vu les sommets, qu’est ce qu’il nous reste… l’océan pardi ! Dans sa courte durée, essayons de faire en sorte que ce week-end soit aussi complet que possible. Il y a des colonies d’otaries sauvages à Kaikoura ? Vendu. En avant pour Kaikoura !

From Christchurch to Kaikoura

Along the east coast
La grisaille ne nous quitte pas. Elle nous survole, avec son foulard épais de brume humide et froide. Nous prenons la direction du Nord-Est du pays cette fois. Traversons encore de longues vallées baignant dans la quiétude et le calme d’un tableau sans mouvement… A peine perturbées par le vol d’un oiseau ou le souffle d’une brise.

Waitane shore

Nous ne pouvons nous empêcher de regarder à droite et à gauche, tentant de reconnaître un des somptueux décors de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Et on en a vu, des grandes pelouses à l’orée des denses forêts, des rivières se frayant un chemin sur les roches au bas des montagnes… Dans cette atmosphère de climat irlandais, le paysage avait quelque chose de magique.


JB giving life back to see weed
Après deux heures de route, c’est l’océan qui fait son apparition, au loin, sur notre droite. Une immensité qui vient en joindre une autre. Le lit de mer agitée est recouvert par son image de nuages tumultueux. Sur toute leur étendue, les deux amants s’observent, se désirent, se rapprochent mais jamais ne se touchent. L’étreinte semble pourtant le seul salut contre le froid qui les torture, mais la distance persiste…


JB chasing his sister with a living weapon
La brume est insolente, tente de mettre un terme à leur relation platonique et vient jusqu’à effleurer sa moitié qui tente de lui répondre en creusant sa surface. C’est sur la berge que se manifeste la colère de l’océan. Le cœur meurtri par une patience arrivée à son terme, les vagues se jettent avec fracas sur les pierres ternes de la plage.


Kaikoura fisherman's boat in the fog
Une atmosphère dénuée de couleurs, tout y est sombre. Du noir sur le sol et du gris autour. Aucun n’ose provoquer les acteurs d’un amour impossible en affichant un quelconque pigment. Les branches mortes se regroupent au bord de la chaussée. Les algues viennent finir leur vie sur la jetée. Et les lames de mer laissent trainer leurs larmes chaque fois qu’elles reculent sur l’océan.


kaikoura's seal colonies
Le spectacle avait le gout de ces beautés dramatiques, froides et émouvantes. Nous sommes d’ailleurs restés longuement au bord de l’eau, pour être les témoins de cette tumulte hors du commun.


Nous avons rejoins quelques kilomètres plus loin la ville de Kaikoura. Là encore, le calme de la station balnéaire était de rigueur. Nous nous sommes réfugiés dans un restaurant du bord de mer, pour déguster quelques fruits de mer accompagnés d’un Pinot Gris sec et fruité. Le patron nous a pris en peine et nous a installé un chauffage d’à point en bout de table. On s’y est refait une santé.

Estelle among the colony

Curiosity
Au bout de l’esplanade, à l’extrémité de la péninsule, nous avons rencontré les fameuses colonies. Ces otaries qui étaient chassées au 19ème siècle ont à nouveau élu domicile à Kaikoura. Et elles y demeurent maintenant avec sérénité, ayant fait table rase du passé et offrant une nouvelle chasse de cohabitation avec le genre humain.

Wondering

Yawning
Au bord du parking, sans se soucier d’aucun danger, des otaries s’endorment. Il faut d’ailleurs être vigilants et regarder où on met les pieds. Des informations vous mettent en garde sur les distances à respecter avec l’animal sauvage et sur les comportements à éviter pour ne pas leur faire peur. Mais elles se sont habituées à la venue des visiteurs. Elles s’en moquent, complètement.

Hard photograph bargaining

Comment ne pas être fasciné par ces animaux là ? Des masses imposantes aux fines moustaches blanches, baillant aux corneilles plissant leurs grands yeux noirs. Ronronnant la tête confortablement posée sur le sol. Ou bien s’agitant, par des mouvements qui traversent tout leur corps, pour s’éloigner de la surface terrestre où ils ne sont définitivement pas les plus agiles. Et elles y plongent alors avec enthousiasme, puis y disparaissent dans les profondeurs.


A les regarder, on pourrait se sentir en confiance. Et, pour immortaliser leur mignonne petite bouille, on en viendrait facilement à enfreindre les cinq mètres de distance de sécurité. C’est alors que l’otarie vous rappellera à l’ordre. Elle montrera les dents et se fendra d’un râle sourd, qui vous remettra vite les pieds sur terre et vous fera passer l’envie d’oublier les règles de diplomatie. Même si le froid nous glaçait les mains et le visage, on ne se lassait pas pour autant de cette extraordinaire compagnie. Et si d’aventure vous allez faire un tour dans le sud de la Nouvelle Zélande, on ne saurait trop vous conseiller d’aller saluer ces drôles de colonies.


A message for you all
Pour la postérité, quand même, il est bon de se souvenir que sur le retour de cette sympathique journée, le réservoir de la voiture de location criait famine. Et il faut savoir que dans ce coin là, un dimanche soir, aucune station service n’est ouverte. Pas de 24/24, station automatique, rien. Par chance, en s’arrêtant dans un petit fast-food de Cheviot encore ouvert, on a rencontré un habitant fort aimable, qui a joué les bons samaritains et nous a invité à le suivre jusqu’au domicile d’un pompiste. J’ai toqué à la porte de ce dernier, installé dans son canapé devant son feuilleton du dimanche, et il a bien voulu se déplacer jusqu’à son lieu de travail pour activer la pompe et nous vendre un peu du précieux carburant. C’était moins une ! Pour peu, on restait bloqué sur la route et on loupait l’avion du lendemain matin !
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