Articles Tagués ‘Transit

21
nov
09

The van is sold

Après deux mois d’attente, ça y est, enfin, il est parti ! Et ce n’était pas grâce à mes jolies petites annonces collées sur les vitres. Ou alors, il avait une bonne vue, parce que l’acheteur est venu de Brisbane, c’est pas la porte à côté. Parait-il qu’on ne trouve pas de Ford Transit high roof dans le Queensland. Tant mieux pour nous !

Tom, un retraité voulant arpenter les routes d’Australie avec sa femme, cherchait donc un grand fourgon pour l’équiper et mettre les voiles. Ils ont pris l’avion tous les deux et nous les avons rejoints à l’aéroport de Sydney pour procéder à la transaction. A peine arrivé, il a jeté son sac dans le van, nous a tendu les enveloppes de billets, on a signé les papiers et hop, ils étaient partis. Vite fait, bien fait. On ne demandait pas mieux.

On l’a finalement vendu pour 10 500 $, soit 500 $ de bénéfice sur tout ce qu’il nous a couté, en incluant l’intégralité des dépenses (achat, régistration, assurance, remorquage, réparations, même les frais des petites annonces). Donc tout est bien qui finit bien. Ouf !

05
oct
09

The van is for sale

Maintenant qu’il est réparé, on va enfin pouvoir le mettre en vente. Oui, on s’est résigné à ne pas vouloir voyager avec Robert le Red Ford Transit tout autour du pays. On a décidé de se fier aux signes et celui là en trimballait de trop négatifs. Et puis notre voyage ne se fera pas avant août prochain, qu’est ce qu’on ferait d’un si gros véhicule jusque là ? Si gros et si rouge, qu’il attire les regards sur mes trajets jusqu’au travail. Nombreux sont ceux qui levaient la tête quand il se retrouvaient près du van. Il y avait donc matière à communiquer sur la mise en vente de ce véhicule par le véhicule lui même. Mais c’est bien sur !

Can't catch flies with vinegar

Can't catch flies with vinegar

Van for sale

L’idée est donc venue d’afficher des annonces aux fenêtres du van, et comme le veut l’adage, « on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre », le van étant destiné à une chalandise masculine, de ceux qui travaillent dans le bâtiment ou du moins qui doivent déplacer beaucoup de matériels, je me suis dis que quelques courbes avantageuses flatteraient certainement leur rétine et pousseraient leur curiosité jusqu’à lire le texte qui est autour. J’ai fait le test avec les deux filles de la maison, ça n’a pas loupé : entre une annonce classique et une annonce avec une pépé, leurs yeux étaient comme rivés sur la seconde. Si ça marche même avec des filles…

Van for sale

Van for sale

Alors non, je ne suis pas très fier de ça. Enfin, je dois assumer un peu quand même puisque je suis en train d’en parler sur le blog. Un autre adage dit que « la fin justifie les moyens » et il se trouve qu’on veut vraiment, vraiment se débarrasser au plus vite de ce van. Si tous ces proverbes me confortent, c’est que quelque part, je ne dois pas être totalement dans le faux, n’est-ce pas ?

04
juil
09

Even here shit happens

Ce blog a pour objet de retranscrire notre aventure mais force est de constater qu’il la livre sous un jour plutôt ensoleillé, tout sourire, avec un enchaînement de bonnes surprises et de merveilleuses découvertes. Bon, autant être réalistes, il y a eu aussi des petites galères. Et surtout des galères mécaniques.

Pour commencer, ce fut la moto. Achetée à un Irlandais dans le quartier de Wollstonecraft, il me l’a vendue avec un chargeur de batterie, c’est un signe qui parlait de lui-même. En effet, dès le lendemain, à mi-parcours de mon trajet travail, arrivé au feu rouge, elle calle. Ok, elle n’a pas tourné depuis un moment, ce n’est pas bien grave. Puis une deuxième, puis une troisième fois… Jusqu’à ne plus réussir du tout à tenir le ralenti. Obliger de la démarrer à la poussette, sous les yeux intrigués de mon collègue de travail Saurabh qui fait la route avec moi. Et de jouer des gaz dès que l’on s’arrête histoire de garder le moteur en vie. Faite moi confiance, c’est vite fatiguant. Et ça me rappelait tout à fait les galères que j’avais eu avec le XT 600 quand le régulateur avait lâché…

R6 and CBR 600 at Bobin Head Creek

De retour au Park Lodge, je sors la batterie, la mets en charge pour la nuit, la repositionne au petit matin. Et tout baigne sur le trajet jusqu’au travail. J’en étais presque soulagé. Mais le soir, rebelote, impossible de tenir le ralenti, et vas-y que je te pousse pour redémarrer après les feux rouges (les fameux 84 feux rouges du trajet… bon pas tous quand même, hein, certains étaient verts, heureusement !). Pas moyen d’y échapper, il faut l’emmener au garage, surtout que la révision était à faire de toute façon.

Un verdict prévisible : batterie en fin de vie et régulateur mort. Avec la révision, la facture s’est élevée à 700$. Je n’ai pas manqué d’en informer le vendeur, bien entendu, qui a eu une réaction tout à fait exemplaire. Il m’a demandé mes coordonnées bancaires et m’a fait un virement pour prendre à sa charge la moitié de la facture. Alors là, je dis bravo les irlandais. Rien ne l’obligeait à faire ça. Grande classe. Depuis, titine refait honneur à la réputation Honda et tourne comme une horloge sur les 3000 km déjà effectués à son guidon.

Saurabh

L’autre mécanique, c’est celle de Robert, notre van rouge surdimensionné. L’idée était de l’équiper en campervan dès que l’on avait un moment de libre. Mais quand on cumule deux emplois, un temps plein la semaine et le restaurant le week-end, forcément, le temps libre se faire rare. On avait pourtant des idées plein la tête, et une chronique « Pimp my van » pour ce blog afin de vous montrer l’évolution de l’engin… Dans les faits, le van est resté immobile devant le Park Lodge pendant trois mois.

Estelle avait fait le tour des agences de location de van pour récolter les adresses des magasins spécialisés où l’on trouverait ce qu’il nous fallait pour l’équiper. Donc, armés de bonne volonté, on est monté dans le van lors d’un samedi « off » pour aller faire nos emplettes. On tourne la clé, et rien. Forcément, de trop d’inactivité, la batterie était à plat. Ce sera donc partie remise.

Le samedi suivant, la batterie chargée, Estelle travaille mais pas moi, alors je vais en profiter pour lancer l’opération d’équipement du van. Il démarre, j’entre l’adresse du magasin Caravan Supplies et je pars pour 40 minutes de trajet au sud de Sydney. Sur la route, au ralenti, le moteur (décidemment) montrait une tenue de régime assez irrégulière. Une petite goutte de sueur perlait sur mon front. Enfin arrivé sur les lieux : un panneau accroché aux portes d’un local déserté indique que le magasin a déménagé. Il se trouve désormais à 40 minutes à l’Est de là où je me trouve. Une grande inspiration, et ça va aller. Je remonte à bord, tourne la clé… et à force de grands coups d’accélérateurs, le moteur s’ébroue enfin. Je ne vais pas prendre le risque de me perdre je ne sais où avec un van boitant, direction la maison. Le trafic est fluide, je reviens vers Surry Hills sans trop de problème.

Robert Red Ford

Enfin, en m’insérant sur la double voie de South Dowling Street, les embouteillages du samedi soir sont déjà là, me forcent à stopper le véhicule, qui n’a pas d’embrayage (merci la boîte auto) et donc, grosse galère pour jouer de l’accélérateur. Le moteur calle. Et il ne veut rien savoir, impossible de le redémarrer. Me voilà donc au milieu des bouchons, sur la voie de gauche, à une centaine de mètres du Park Lodge, avec cette grosse masse rouge immobile qui me sert de carcan. Et les klaxons des impatients qui rythment ma bonne humeur.

Alors que je passais mes nerfs à frapper le volant, voilà que Jerry, le manager du restaurant, arrive à ma droite et reconnait le van qui lui avait été fort utile à son déménagement. En quelques secondes, il fait un demi-tour acrobatique pour mettre son 4×4 face à moi, sort ses pinces, connecte les batteries. Je tourne la clé… et rien. Le démarreur s’active mais jamais n’arrivera à lancer le moteur.

Il va falloir pousser. J’appelle donc Garry qui, fort heureusement, était là avec sa femme. Elle au volant, nous deux derrière pour essayer de mettre en mouvement le pachyderme de ferraille. A la sueur de nos fronts, on a finalement réussi à le remettre à sa place, là où il est le mieux, là où il est resté pendant des mois sans bouger.

Shit happens everywhere!

Shit happens everywhere!

La bonne nouvelle, c’est qu’après tous ses efforts, Garry a pris conscience que sa condition physique laissait vraiment a désirer, et il a donc décidé d’arrêter de fumer. Et pour la première fois depuis 30 ans, il n’a toujours pas retouché une cigarette depuis. Ca vous laisse une petite idée de ce que c’est que de pousser un truc pareil sur une double voie de Sydney…

La moins bonne nouvelle, c’est que même après avoir changé la batterie, le moteur ne voulait toujours pas tenir le ralenti. Il m’a juste permis de mouvoir le van jusqu’au garage du coin dont les mécanos – des pointures – ne voulaient pas mettre les mains dedans parce que c’était un diesel… On l’a donc fait remorquer pour un retour à la case départ, au garage de Fairfield, là où l’on acheté.

Il s’avère que le démarreur est HS, ce qui occasionnait la faible durée de vie de la batterie. Mais que ce n’est pas tout, un problème de carburation empêche le moteur de démarrer correctement… et ça viendrait probablement de la pompe à gazole qui a été changée quand on l’a acheté.

On doit rendre les clés de notre chambre au Park Lodge le 19 août. Il ne reste donc plus que quelques semaines. Le van est complètement vide et ne démarre même pas. Voyons la vérité en face, notre périple à bord du Robert Red Ford tout équipé semble compromis. Mais bon, c’est ça l’aventure Australienne ! Si tout était facile, ça ne serait même pas drôle.

17
avr
09

We’ve bought a Big Red Van

Comme nous vous l’avions dit précédemment, l’idée de trouver le van spacieux et parfaitement aménagé a été abandonnée. Nous sommes donc parti à la recherche d’une base de campingcar pour que nous l’aménagions nous même, et pour ce, nous avions des critères de recherche bien spécifiques, à savoir, un grand espace habitable, avec une haute hauteur de plafond, un modèle récent, avec un moteur ayant peu de kilomètres, si possible un diesel (histoire de pouvoir le revendre facilement). Et voilà comment on a jeté notre dévolu sur le Ford Transit High-top. Un van dans lequel je tiens quasiment debout !

Ford Transit - 2.5 l Turbo D - 2000 - 160 000 km

Ford Transit - 2.5 l Turbo D - 2000 - 160 000 km

Une petite information administrative australienne, qui aura son importance, avant de poursuivre le récit de cette trépidante histoire. Ici, pour pouvoir rouler avec un véhicule, il faut que ce dernier ait une « Registration ». Si on veut faire un parallèle français, ça serait une carte grise, aussi fréquemment renouvelée que feu la vignette. Pour pouvoir obtenir la registration d’un véhicule, il faut qu’il ait passé un contrôle technique et qu’il soit au moins assuré au tiers. Vous suivez ? Cette registration, quand elle concerne un véhicule neuf, ou si la précédente régistration a été annulée ou arrivée à terme, se fait pour une durée minimum d’un an. Ensuite, la registration doit être renouvelée, et le propriétaire choisi de le faire pour six mois ou un an. Ceci représente des frais non négligeables. Ce tarif varie bien évidemment d’un état à l’autre, et, bien évidemment, le New South Wales est l’état où la régistration est la plus onéreuse. Fin de l’intermède, merci de votre attention.

Big Red Ford Transit

Ce Ford Transit est en fait un ancien véhicule de l’Australia Post, d’où sa couleur rouge caractéristique. Ils ont pour habitude de vendre aux enchères leurs flottes d’utilitaires quand ils les renouvellent. Ceux qui sont en état de marche sont vendus aux enchères standards ; ceux qui ont un problème sont vendus aux « damaged auction », et partent pour une poignée de dollars, vu que l’acheteur n’a aucune idée des travaux à faire dessus. Dans les deux cas, les registrations sont annulées : les nouveaux propriétaires doivent en payer une nouvelle s’ils veulent rouler avec.

Big Red Ford Transit

C’est comme ça que Engin (oui oui, c’est un prénom) Celik a acheté ce gros fourgon pour à peine plus de 2000 dollars. Il faut s’avoir qu’ici, un Ford Transit diesel high-top, de 2000, avec 160 000 km, ça tourne autour des 15 0000 dollars sur le marché de l’occasion, il s’est donc dit que ça valait le coup de prendre le risque. Une fois acheté, il s’est rendu compte que c’était la pompe à gazole qui était foutue.

Big Red Ford Transit

Pour une raison un peu obscure, il ne voulait faire aucun travaux dessus et a mis en vente le véhicule à 3800 $. Enfin, on savait tout ça par l’intermédiaire de Dona, sa femme, australienne, qui était notre interlocutrice puisque son mari ne parle pas anglais. Nous étions intéressés, mais un peu inquiets de réussir à trouver une pompe à gazole et à la faire poser… c’est de là qu’ont commencés des négociations et des rebondissements à n’en plus finir, des « oui d’accord » suivis de « ah non, hors de question », des moments de satisfactions puis de doutes, pendant plus d’une semaine.

Big Red Ford Transit

Au final, ils ont fait changer la pompe à gazole ainsi que fait faire révision complète, pour nous vendre un véhicule en parfait état de marche, factures à l’appui, à un prix de 5 500 $. Nickel chrome. Le petit plus, c’est que ces réparations ont été faites dans un garage qui s’appelle Western Mufflers à Fairfield, un des partenaires de l’Australia Post pour l’entretien de ses véhicules, et qui avait pour habitude d’entretenir ce véhicule là, identifiable dans l’historique du garage grâce à son précédent numéro de registration. Le garagiste m’a donc gentiment imprimé toutes les factures précédentes, actant du réel kilométrage et de l’attention portée au véhicule. Un véhicule propre, qui correspond parfaitement à ce qu’on cherchait, pour le tiers du prix qu’il vaut sur le marché. Que demander de plus ?

Big Red Ford Transit

Il ne restait plus qu’à faire cette fameuse registration. Le contrôle technique, appelé « Blue Slip », a été fait dans la foulée de l’achat, pour 50$, dans un garage agrée voisin : chez Team Karam Racing, le temple du tuning et de la préparation auto, au beau milieu de Fairfield, quartier de Sydney se résumant en une immense zone industrielle vieillissante, siège d’une ponction d’immigrés n’ayant pas tout à fait réalisé leur rêve australien. On n’y aurait pas pris racine. L’assurance au tiers pour un an, appelée « Green Slip », a été souscrite en quelques minutes par téléphone, pour un prix de 600 $. Il n’y avait plus qu’à se rendre au RTA, le « Road and Traffic Authority », équivalent de notre préfecture, pour les formalités administratives.

Eh là, ça a mis un peu plus de temps. Avant même d’acheter le véhicule, on était allé au RTA pour qu’ils nous expliquent clairement l’ensemble des documents à fournir, histoire de ne pas attendre notre tour inutilement le jour J. Pensant avoir tous les papiers nécessaires, on s’est présenté au guichet en toute confiance, et on s’est fait rebouté pour une raison double : mauvais guichet et absence de justificatif de domicile. Ok, un peu déçus pour l’heure d’attente inutile, mais compréhensifs. Un aller-retour en courant jusqu’au Park Lodge, et me revoilà dans l’attente au RTA. Quelques minutes plus tard, j’essuierais un nouveau refus puisque mes documents bancaires, actant de ma domiciliation, ne sont pas recevables : il leur faut un « Bank Statement » (un relevé de compte) et rien d’autre. Arrrrrghhhhhhhhhhhh. Ok, direction une agence de la banque ANZ pour obtenir le fameux document. A ma troisième visite, fièrement armé de mon bank statement, c’est cette fois l’acte de vente (feuille manuscrite) qui n’était pas recevable, puisque mon prénom n’y figurait pas. Là, mes nerfs ont lâché, et la dame du guichet a eu peur. Et comme par magie, en recoupant le reçu du dépôt que l’on avait fait pour arrêter la vente (où figurait mon prénom) et l’acte de vente, le document devenait parfaitement recevable. Et j’ai donc pu avoir ma registration, pour 500 $, avec mes nouvelles plaques d’immatriculation. Ouf ! Le Red Ford (Robert ?) était donc en règle pour un an. Alleluia.

Big Red Ford Transit

Le véhicule nous a donc couté au final 6700 $, sachant que l’année de registration profitera au prochain propriétaire et sera un nouvel argument lors de la vente. Le programme de conversion en camping car peut commencer, et pour ce faire, on est fidèle au dicton national : en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées !

A peine avons nous été propriétaires de ce véhicule, que nous avons pu dans la foulée confirmer une règle qui semble belle et bien internationale. C’est d’ailleurs un peu fou : on n’a beau être à l’autre bout du monde, fraîchement arrivés depuis quelques mois, avec peu de contacts sur place… eh bien, même dans ce contexte là, quand on achète un gros camion comme ça, quelqu’un vous appelle pour que vous lui donniez un coup de main pour son déménagement. Incroyable, hein ? Ben si. Une petite pensée émue et solidaire à mon Juju alias le Déménageur Valettois. C’est donc Jerry, le super-manager des deux restaurants, Cine et Abalze, qui s’est retrouvé coincé et qui m’a appelé à l’aide. Je n’ai donc pas manqué l’occasion de secourir mon supérieur hiérarchique, qui s’est trouvé fort content de ma nouvelle acquisition, de mes bras et de ma taille pour ranger ses cartons en hauteur dans son garde-meuble. Point d’ingratitude, il a tenu à payer les frais de carburant et à nous offrir une magnifique bouteille de champagne Moët et Chandon, accompagnée de la confidence qu’il allait nous donner beaucoup de travail, à Estelle et moi, lors des prochaines semaines aux restaurants… Le relationnel est donc bien un arbre qu’il faut entretenir soigneusement si l’on veut en voir germer les fruits.




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