Depuis le temps que l’on entendait parler de ce petit coin charmant, situé au Nord Est du centre ville, il étant temps que l’on s’y rende. On y accède par un ferry qui traverse toute la baie de Sydney, ce qui ne gâche rien. Et étant donné que la journée s’annonce belle et ensoleillée, ne perdons pas une minute pour aller vérifier si Manly est à la hauteur de sa réputation.

Phillip Street
Le meilleur moyen de se déplacer à Sydney reste définitivement la marche à pied. Au-delà de l’exercice physique salvateur – étant données les dimensions de la ville – il s’agit surtout de pouvoir apprécier encore et encore les contrastes de ses rues. Nous partons donc pour 40 minutes de traversée, direction Circular Quay.

Pour 6,80 $, le ferry nous emmène vers un point de vue encore inédit : situé entre l’Harbour Bridge sur la gauche, l’Opéra sur la droite, et le Central Business District dans le dos. Ne serait-ce que ce panorama amorti déjà une partie du tarif. La balade se poursuit le long des côtes de la baie, permettant d’apprécier les différents niveaux de fortunes de ceux qui y ont élu domicile. Sans voir le temps passer, nous voilà arrivés.

Manly Harbour
Le quartier de Manly est effectivement très pittoresque. Une petite ville balnéaire fleurie de grands palmiers et de bâtiments qui n’osent pas les dépasser. Les façades arborent une fois de plus l’architecture victorienne. Point de foule ni de nuisance sonore, il règne ici une atmosphère calme et détendue, tout à fait à l’image des surfeurs qui ont fait de Manly leur lieu de prédilection.

La plage principale de Manly est une vaste hanse où viennent s’échouer les longs rouleaux de l’Océan. Le vent qui les souffle mêle aux embruns les grains de sable et vient rendre flou les visions lointaines. Point de détail visible au bout de la plage, juste un voile orangé qui se déplace sur le sol. Peut-être est-ce lui qui dissuade les attroupements des baigneurs et de leur serviette. Peut-être est-ce Manly qui est tout simplement un endroit épargné par la surpopulation…

Manly Beach

Ou peut-être est-ce parce que la plage de Manly est tourmentée par de forts courants, empêchant de se baigner loin du bord mais permettant aux surfeurs de faire étal de leurs prouesses. Les life-guards sont là pour surveiller que l’on ne s’éloigne pas trop et usent de leur sifflet strident pour vous rappeler à l’ordre. Attention, on ne plaisante pas avec l’océan.

Les vagues se lèvent d’un bon et viennent se refermer en créant un tube d’eau turquoise. Parfois brouillon, la vague semble feinter les novices pour mieux les attraper dans ses remous et leur faire boire la tasse. Parfois sublime, elle offre le terrain rêvé pour une glisse pure en son creux et une montée d’adrénaline qui durera sur toute sa longueur.






La journée a défilé sans que l’on s’en rende compte. Une grande balade à pied permet de longer les côtes de Manly par le sud et de se rapprocher du centre ville. Mais il est déjà trop tard pour que l’on se lance dans cette randonnée. Après réflexion, nous choisissons la sage décision : reprendre le ferry et rentrer à Sydney par les voies maritimes. Une fois de plus, notre sagesse sera récompensée… et pas qu’un peu !

Nous embarquons sur le ferry de 19h, des images plein la tête, naïvement persuadés que l’on avait eu notre lot d’éblouissement pour la journée. C’était sans compter le cadeau d’adieu de notre astre solaire qui attira notre attention en jouant sur la colline sud de Manly.

Le ferry a quitté le quai et le soleil joueur l’a suivi, s’amusant derrière les arbres à lancer ses rayons jaunes, oranges, roses et rouges aux nuages endormis. Tout le monde sur le pont était captivé. Son numéro semblait aussi réglé que du papier à musique. Et c’est dans le silence de l’océan que l’on en appréciait les lumières.

On the ferry from Manly
Mais comme tout grand spectacle, l’attention du spectateur doit être judicieusement stimulée. Il faut l’accrocher, l’attiser et se jouer d’un suspens en allant crescendo. Le soleil continuait donc sa course à nos côtés, préparant en secret son bouquet final. Il en avait déjà le sourire aux lèvres, sachant son effet garanti. Et pour cause, il est parti inonder le ciel de Sydney de ses plus belles couleurs. La chaleur des lumières s’est étendue de l’Harbour Bridge jusqu’à la SkyLine. Une carte postale s’étirait sous nos yeux ébahit. Nous étions en train de vivre un instant magique. Lui riait et nous, nous avions le souffle coupé.

Sunset on the Harbour Bridge
Comme les grands princes, il a tiré sa révérence sur cette grande victoire, choisissant le pont le plus large du monde comme point de fuite. Les spectateurs en aurait presque applaudit la performance.

Sydney a alors pris la relève en illuminant ses buildings de mille lumières. Bien pale prestation artificielle, ne pouvant rivaliser avec l’étoile des étoiles. Mais l’effort est à saluer, ne devenons pas trop exigeant.

Et sur le chemin du retour, pédestre, une fois de plus, c’est un opossum que l’on croisera. Il traversera la route pour aller dans un des arbres centenaires de Hyde Park. Peu farouche, tellement habitué au passant, il prendra même la pause pour se faire photographier.

Opossum
Cette ville est décidemment un spectacle unique de tous les jours. Vivement la prochaine représentation.
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