Le sable le plus blanc du monde, validé par le Guiness des records, vous savez où il se trouve ? Allez, un petit effort… Oui, bien sur qu’il est en Australie, mais où exactement ? Eh bien il est à même pas 200 bornes de la maison. Vous le croyez, ça ? Juste là, tout près. Aux dimensions du pays, c’est comme si on allait chercher le pain. Et nous, on n’y était jamais allé. Quelle honte ! Alors vu que c’est temps ci, on met les voiles tous les week-ends pour découvrir la région, on a foncé vers le sud, histoire de combler nos lacunes et de fouler copieusement ce sable qui fait la réputation de Jervis Bay.

3 hours south of Sydney


Follow the Grand Pacific Drive

Blenheim beach

Je dis « foncer », c’est bien entendu une façon de parler, puisque la passagère insistait « on passe par le Royal National Park, hein dis, allez, le Royal National Park !!! ». Donc on a quitté la Princes Highway pour rentrer dans le parc, toujours aussi magnifique, puis rejoindre la Grand Pacific Drive qui descend tout le long de la côte. Et une fois de plus, j’ai du admettre que mademoiselle avait eu raison. Les paysages étaient sublimes. On n’avait jamais dépassé Stanwell Park, qui quand même, obtenait déjà un bon score sur l’échelle des jolis coins. Mais il faut admettre qu’un peu plus loin, c’est encore plus beau. Wollongong, Kiama… toutes ces villes où le bush vient jusqu’au bord de l’eau, puis laisse place à des étendues de plages qu’on pourrait croire encore vierges…



Dolphins playing by the shore


Sunset on Blenheim beach
Toujours au dernier moment – on ne change pas une équipe qui gagne – on a réservé une chambre au Dolphin Shores Motor Inn, à Vincentia. Et encore une fois, on est tombé sur une perle. Le gérant de l’établissement nous a accueilli et tout de suite demandé si on avait dix minutes pour qu’il nous parle de la région. On a bien sur accepté et il nous a fait son speech, sur mesure, adapté à la durée de notre séjour. Un speech très bien rodé, avec toutes les informations touristiques indispensables, cartes, chiffres et événements historiques à l’appui, les infos pratiques, les petites touches personnelles sur ses endroits préférés, et sans oublier les pointes d’humour, genre en pointant sur la carte « vous êtes ici, allez y, faites coucou, oh on vous voit ». Estelle n’a pas fait coucou. Mais il ne l’a pas mal pris, ouf. Bref, c’était imprévu et tout simplement parfait, puisque comme d’habitude, on n’avait rien préparé à l’avance, voilà qu’en dix minutes, on savait tout ce qu’il fallait savoir. On la bénit tout le long du week-end parce qu’il avait effectivement raison sur toute la ligne. Encore merci !




The whitest sand in the world - Hyams Beach

Crystal clear water
Son premier conseil était de se rendre à Blenheim Beach, pour y voir les dauphins. Les dauphins ??? Eh oui, vu le nom de l’hôtel, on aurait pu s’en douter. Alors on est vite parti vers Huskisson histoire d’acheter quelques légumes (ça y est, on est complètement amoureux des barbecues du week-end) et on s’est rendu à cette plage qui se trouvait à deux pas. Imaginez que vous garez votre voiture dans une petite pinède légèrement en hauteur, puis vous descendez quelques marches au milieu des eucalyptus, et vous découvrez une grande crique de sable fin, entourée d’arbres immenses, et devant, de l’eau cristalline. Koh-lanta ? Non, Jervis Bay ! Le temps de se balader autour, et tout d’un coup, une phrase de l’hôte me revient en mémoire : regarder au large fixement, même si vous ne voyez rien de particulier au départ, vous allez les voir. Alors je relève la tête, regarde l’eau quelques secondes, puis je me mets à crier hystériquement « Chou !!! Les dauphins !!! Là, là, juste devant, ahhhhh, ils sont trop beaux !!! ». Je croyais que j’avais atteint un sommet avec les kangourous, eh bien non, les dauphins ont fait naître un nouveau niveau dans l’émerveillement de gamin. Il y en avait une demi douzaine, nageant à une trentaine de mètres du rivage, jouant ensemble, paisiblement… Quel spectacle, on y serait resté des heures. Au soleil couchant, on a lancé notre petit barbecue, pour pouvoir manger devant ce cadre exceptionnel. Tout était parfait.





Cette plage était magnifique, certes, mais ce n’est pas elle qui détient le titre du sable le plus blanc du monde. Le lendemain, sous un ciel radieux – vous noterez qu’on est mi-avril quand même, l’équivalent de mi-octobre en France, nous nous rendons à Hayman’s beach, LA fameuse plage de toute les convoitises. Bon, eh bien, pour faire simple, on n’a failli jamais repartir. Je crois que j’ai dit 435 fois « je veux vivre ici » et qu’à chaque fois, Estelle m’a répondu « Chiche ! ». C’était trop beau, trop beau, trop beau, voilà. Une eau aussi cristalline, un sable plus fin que de la farine, qui fait du bruit ! Oui, quand on marche dessus, les grains sont tellement fins qu’ils se compactent avec les autres et s’en échappe un crissement léger, comme de la neige. On peut s’y baigner presque six mois par an. Tout ça à trois heures de Sydney ? Mais c’est encore mieux que les Whitsundays ! Et tout y est si paisible, si calme, si beau, c’est la plénitude à l’état pur… Et vous savez quoi ? L’hôte nous a dit que ce n’était pas la plus plage de la baie. Dingue non ? Pour voir celle qu’il qualifie de plus belle plage, il faut aller dans le Booderee National Park. En route.




Barbie at Bonderee

Booderee National Park
Dur de quitter un site pareil mais il faut se faire violence, on a encore d’autres choses à voir. On reprend la voiture et on part vers ce fameux Booderee, où on se fait un petit arrêt barbecue, focément. Avec une variante cette fois, ce n’est pas un électrique comme les autres, il est à l’ancienne. Alors on va ramasser un peu de bois, et on met en route le feu. Bien entendu, le résultat est encore meilleur : poivrons, oignons rouges, champignons, filet de bœuf… avec la petite salade tomates et l’avocat. Le top !





La fameuse plage dont nous parlait notre guide de l’hôtel, s’appelait Murray’s beach, à l’extrémité sud de la baie, offrant un panorama complet sur cette dernière. Il nous a dit que ça faisait plus de dix ans qu’il y allait, et qu’à chaque fois qu’il arrivait sur la plage, il avait la chair de poule. Ca met la pression ça. Avec la plage qu’on vient de quitter, on se demande si on va tenir le choc ! Effectivement, les adjectifs manquent pour décrire la beauté de cette plage. Toute en arc de cercle, avec les récifs sur la droite, et la vue sur la baie à l’infini vers la gauche. Ca en est presque indécent. Emportés dans l’émotion, on aurait bien été incapables de dire quelle plage on préférait, tant elles avaient toute quelque chose de magique. Aucun dauphin à l’horizon, mais un kangourou, sur la plage, venu grappiller ce qu’il reste à manger. Pas de crise d’hystérie, on était à un niveau au dessus, là où les pieds ne touchent plus terre.







Eating some seafood

Cute tiny fish eating Estelle's foot

Big jelly fish

En continuant notre visite du parc, nous avons pu traverser d’autres forêts d’eucalyptus, qui débouchaient encore et toujours sur des plages magnifiques. Comme celle qu’ils sont appelé « the hole in the wall », là où la roche s’est creusée, comme une muraille ayant subi l’assaut d’un boulet de canon.




The hole in the wall


Et comme toujours en Australie, pour couronner nos visites, le ciel s’est habillé d’un sublime couché de soleil. Encore une fois différent, encore une fois unique, avec cette lame rouge brulante qui parcourait l’horizon. Même un cœur de pierre battrait la chamade dans cette bouleversante région. Si on cherche un endroit où finir nos vieux jours, ça sera Jervis Bay, sans la moindre hésitation !



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