Etant donné la superficie du jardin botanique de Sydney, nous nous devions d’y retourner, surtout qu’il semblerait que notre premier passage ne nous a donné qu’un ridicule aperçu de ce que l’on peut y voir. Dès le pique-nique préparé, nous quittons le Park Lodge pour nous diriger vers le centre ville. Le temps est toujours au beau fixe, pas l’ombre d’un nuage à l’horizon. La chaleur estivale est à son comble en ce mois de février. Une chaleur sèche, toujours compensée par un air agréable venu de l’océan. Peu importe où l’on se trouve à Sydney, on ressent partout cette brise qui vient vous apporter de l’oxygène et vous fait oublier qu’il fait 35°C. Elle ne souffle pas toujours dans la même direction, pas toujours avec la même intensité, mais même subtile, elle est toujours présente et heureusement car sans elle, le moindre mouvement en plein soleil deviendrait surement une épreuve. On ne quitte pas la chambre sans l’étape obligatoire de la crème solaire. Les sun burns que l’on a attrapés à la nuque, sur les bras et sur les jambes le premier jour nous ont servis de leçon.

Hyde Park

Le bus 372 nous amène jusqu’à Central Station et nous remontons Elisabeth Street pour atteindre Hyde Park. Un cousin de celui qui porte le même nom à Londres, en version réduite. Le parc borde la majestueuse cathédrale Sainte Marie, là encore, des arbres centenaires jonchent le parcours des promeneurs, qui ne manqueront pas de saluer la statue de James Cook, le premier explorateur européen à avoir débarqué en Australie, en 1770.

Saint Marys Cathedral




Nous continuons notre route vers les Royal Botanic Gardens et nous y entrons par la porte côté Woolloomooloo, le quartier est de la ville. On y rencontre des eucalyptus naturistes, exhibant leur tronc dénudée de toute écorce, embaumant les lieux de leur odeur si particulière.

Quelques mètres plus loin, en levant la tête, nous apercevons des arbres aux fruits étranges… Des grappes de longues protubérances sombres par centaines.

Bats at the Royal Botanic Gardens

En y regardant de plus près, ces arbres ne sont que le support du sommeil diurne d’une armée indénombrable de chiroptères, ayant élu domicile dans la quiétude et la richesse du plus grand parc de Sydney.

Les chauves-souris dorment paisiblement, solidement accrochées à leur branche. Certaines se mettent en mouvement pour réagencer leurs ailes autour d’elles, comme on se roulerait dans un drap au petit matin, pour éviter d’être perturbé par les rayons du soleil.


D’autres ont le sommeil plus court et s’envole à la recherche de nourriture, en émettant leur cri caractéristique, strident et intimidant. Elles déploient leurs larges ailes et traversent le ciel. Leur taille est impressionnante. On se rassure en se disant qu’elles n’ont d’appétit que pour les fruits. Si ce n’était pas le cas, les casques seraient obligatoires pour espérer traverser le parc sans heurt…
L’objectif fixé vers la cime des arbres, on en oublie presque de regarder où on met les pieds. Et voilà comment on se retrouve nez-à-nez avec une toile d’un mètre cinquante de diamètre, et en son centre, une immobile araignée Néphile, filiforme, noire et jaune, attendant patiemment qu’un insecte inconscient vienne se perdre dans sa toile. De quoi vous rendre parano pour le reste de la balade.

Golden Orb Web Spiders
Un peu plus loin, en se rapprochant de la baie, tout aussi nombreux mais beaucoup moins intimidants, ce sont les cacatoès qui nous attendent. Habitués aux visiteurs, ils s’approchent des passants et se laissent facilement payer un coup à boire, depuis une fontaine ou une bouteille d’eau. Eux aussi manquent de discrétion lors de leurs envolées, pratiquement doués de la parole, ils émettent des cris en meute transformant le parc en film d’épouvante. Puis se posent à nouveau, comme si de rien était, et dégustent les fruits des arbres en silence.

Cacatoes


Effectivement, nous avions manqué toute cette partie là du Royal Botanic Gardens lors de notre premier passage. Mais il faudra que l’on y retourne, il parait que l’on y trouve aussi des opossums…
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