Le mercredi matin de la semaine suivante, au réveil, le téléphone sonne… le nom d’Adam s’affiche sur le portable. Pression ! Encore dans le coltard, je prie pour que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle… Il n’a pas fait durer le suspens et m’a tout de suite dit que c’était bon, qu’ils avaient aimé ma prestation, que j’étais pris ! YEEESSSSSSS !!! Je bosse chez Macquarie, troooopppp boooooonnnnnnnnn !!!! Woooooohooooooo baby !!! Fais péter le champagne !!!!
Enfin non, ça ne s’est pas passé comme ça. Ca aurait été trop beau. Adam m’a effectivement dit qu’ils étaient ok. Mais ça n’était pas fini pour autant. Eh oui, faut bien continuer le suspens. Alors la prochaine étape, c’était la validation par le service comptable de Macquarie… Faut valider que ça rentre dans les budgets. En parallèle, on a lancé le processus de transfert de visa, parce qu’il fallait encore que mon visa soit accepté pour que je puisse travailler. Normalement, il n’y avait pas de raison que ça coince, mais bon, sait-on jamais ! Quelques jours après, la trésorerie de Macquarie a donné le feu vert : une bonne chose de faite. On s’approche, on s’approche… Ensuite ? Le « background check », ou le passage au peigne fin de mon passé pour être certain que je ne suis pas un serial killer ou un voyou terroriste. Il a fallu que je détaille les endroits où j’ai vécu sur les 10 dernières années, le descriptif de mes boulots, les personnes avec qui j’ai travaillé… Ah il faut montrer pâte blanche mon bon monsieur ! J’ai bien tout rempli, et ça a encore pris une semaine le temps qu’ils vérifient. Et moi, pendant tout ce temps, ben je ne pouvais rien célébrer, puisqu’il n’y avait rien de fait. Allez !!! Dis moi ouuuuuuiiiiiiiiiii !!!!
Quand Macquarie a donné le bon, le grand, le vrai feu vert, le 5 octobre, on n’avait encore aucune nouvelle de l’immigration. Rhaaaaa !!! Autant dire que je tenais plus en place. Mon premier jour été planifié pour le lundi 11 octobre… et pourtant, le vendredi qui précédait, toujours rien. L’angoisse. C’était « une formalité qui devrait prendre 4 jours tout au plus ». Ca fait bientôt 4 semaines !!! Ah l’administration, c’est d’une lenteur internationale ! Enfin, le 12 octobre, on a eu le véritable dénouement final de la fin du bout de l’extrémité du suspens… visa approuvé ! YaAaAaAAaahhHaaaAAAaAAA !!!!! Je commence lundi prochain, le 18. Enfin ! Ca y est !!! On n’est pas obligés de quitter le pays, je vais bosser dans le centre ville, dans la finance, dans une grosse entreprise ! YES !
Bon ça y est, je peux vous parler un peu de ce boulot maintenant. Alors déjà, les conditions. Je suis embauché par Proquest, et cette fois, en employé permanent (CDI), et non pas en contractant (CDD) comme précédemment. Ce qui veut dire que j’ai 4 semaines de congés payés et 10 jours de congés maladie. Bon du coup, j’ai du renoncer à garder mon salaire précédent… Eh non ! Même pas, j’ai gagné 25% d’augmentation de salaire ! Et c’est pas tout, accrochez vous bien, étant donné que l’on n’est pas résidents australiens, Proquest a un partenariat avec l’organisation « Leaving Away From Home » qui prend à sa charge la moitié de notre loyer. Pincez-moi, je rêve ! J’étais déjà bien largement au dessus des revenus moyens australiens. Là ça y est, je viens jouer avec le haut du panier !
Pour info, Proquest est une petite boîte d’une 30aine de consultants, que des « top guns » placés dans des boîtes où ils sont facturés à prix d’or (d’où les entretiens préliminaires avec le russe à lunettes avant d’envoyer le CV aux clients : ils tiennent à conserver leur standing). Alors du coup, ces petits poulains, on les soigne. Plusieurs fois par mois, ils organisent des repas, des barbecues et apéros sur le balcon, des conférences sur des thèmes pointus comme la « scalabilité » ou le « datawarehouse »… Histoire de lier les troupes, de créer une vraie équipe, de garder le contact. On se réunit dans leurs splendides bureaux sur Darling Harbour et c’est toujours d’excellents moments. Clive, qui a créé cette boîte il y a à peine 3 ans, a tout compris, tout simplement !
Chez Macquarie, c’est pas Google, mais presque. Je travaille au deuxième étage, un immense open-space avec environ 200 employés. Pas de bureaux isolés. Tout le monde au même niveau. Les techniciens, les secrétaires, ceux de la finance, le support technique, les développeurs, les administrateurs, les team leaders, les chefs de projets, les responsables de développement… même Steve, le responsable du département, se trouve sur un des bureaux de l’open-space, comme les autres. Il est deux rangées derrière moi ! Du coup, pas de hiérarchie visible, pas de bureau en acajou et gros fauteuil en cuir. Ca préserve l’humilité et ça n’écrase pas les autres. Ca m’a un peu surpris au départ, mais j’ai tout de suite adhéré au concept. Je trouve même ça génial. Tout dans le pragmatisme, et ça marche parfaitement bien. D’ailleurs, pas de place vraiment attitrée non plus. On se trouve à un bureau pendant quelques mois, parce qu’on travaille avec une équipe sur un projet donné, mais dès que le projet est fini, on change tout, et on réagence pour optimiser la proximité des développeurs entre eux, mais aussi avec leurs interlocuteurs de la finance. Du coup, on ne s’enracine pas toute sa carrière derrière le même écran avec les mêmes personnes autour. Ca aussi, je trouve que c’est très stimulant.
Je parlais de Google, parce que dans cet immense open-space, il y a des grands écrans LCD en hauteur qui diffusent les chaînes sportives en continu. Il y a aussi de beaux aquariums pour se décontracter. Et il y a surtout deux grosses cuisines à disposition des employés, avec nourriture et boissons à volonté. Tout pour faire le petit déjeuner (lait, tous les jus de fruit possibles, sodas, céréales, thé, café, pain, toaster, beurre, miel, confiture…), des étagères entières de biscuits sucrés et salés… des panier de fruits… et le tout constamment réapprovisionné. Et c’est pas tout ! Le vendredi, jour du « casual wear » (pas de costard), en hommage à la tradition australienne, les frigo à boissons sont remplis de bières ! En fin d’après midi (vers 16h), elles sont distribuées à chaque équipe et on trinque tous ensemble… Moi je vous le dis, ce boulot, c’est le paradis !
Mais le travail dans tout ça ? Oui parce qu’au départ, on est quand même là pour bosser, hein. Ben le travail se passe comme sur des roulettes. Tout le monde est très qualifié, donc très autonome. On fait un point d’avancement tous les matins. Les tâches sont assignées. On travaille parfois seuls, parfois en équipe selon le besoin. Toujours en utilisant les technologies de pointe et les méthodologies modernes les plus tendances. L’ambiance est vraiment relax, chacun est responsable de sa personne : on arrive quand on veut, on repart quand on veut, du moment que le travail est fait. Moi ça y est, j’ai trouvé mon rythme : je vais à la muscu à 8h du mat, à la fraiche, juste à côté du boulot. Une douche, je commence le taf à 9h30, petit break le midi et je finis vers 17h30-18h. Les projets sont super intéressants. On est l’équipe « post trade », on s’occupe des informations d’achats/ventes acheminées tous les jours depuis les traders. C’est tellement compliqué que personne ne comprend vraiment à quoi correspondent ces informations qu’on manipule. Des cash-balances et open-trades et accruals et stock borrow loans et j’en passe et des meilleures… Mais c’est pas grave, il n’est pas vraiment nécessaire de comprendre, donc tout se passe bien ! Comme Sydney, l’open-space est très cosmopolite : beaucoup d’australiens, mais aussi des français (mon team leader vient de Bourgogne et un collègue vient de Nouvelle Calédonie !), des indiens, des irlandais, des anglais, des chinois, des russes… Et la mondialisation ne s’arrête pas là, puisqu’on échange constamment par mails ou en conférence téléphonique avec des équipes situées dans d’autres villes, notamment New-York et Honk-Kong. Autant dire qu’aucun jour ne se ressemble et que c’est toujours un grand plaisir de se lever le matin. Ce qui se dit sur Macquarie était donc bien fondé…
Ah, j’allais oublier. J’adore ce boulot, je vous l’avais déjà dit ? Héhé.



















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