Ce blog a pour objet de retranscrire notre aventure mais force est de constater qu’il la livre sous un jour plutôt ensoleillé, tout sourire, avec un enchaînement de bonnes surprises et de merveilleuses découvertes. Bon, autant être réalistes, il y a eu aussi des petites galères. Et surtout des galères mécaniques.
Pour commencer, ce fut la moto. Achetée à un Irlandais dans le quartier de Wollstonecraft, il me l’a vendue avec un chargeur de batterie, c’est un signe qui parlait de lui-même. En effet, dès le lendemain, à mi-parcours de mon trajet travail, arrivé au feu rouge, elle calle. Ok, elle n’a pas tourné depuis un moment, ce n’est pas bien grave. Puis une deuxième, puis une troisième fois… Jusqu’à ne plus réussir du tout à tenir le ralenti. Obliger de la démarrer à la poussette, sous les yeux intrigués de mon collègue de travail Saurabh qui fait la route avec moi. Et de jouer des gaz dès que l’on s’arrête histoire de garder le moteur en vie. Faite moi confiance, c’est vite fatiguant. Et ça me rappelait tout à fait les galères que j’avais eu avec le XT 600 quand le régulateur avait lâché…
De retour au Park Lodge, je sors la batterie, la mets en charge pour la nuit, la repositionne au petit matin. Et tout baigne sur le trajet jusqu’au travail. J’en étais presque soulagé. Mais le soir, rebelote, impossible de tenir le ralenti, et vas-y que je te pousse pour redémarrer après les feux rouges (les fameux 84 feux rouges du trajet… bon pas tous quand même, hein, certains étaient verts, heureusement !). Pas moyen d’y échapper, il faut l’emmener au garage, surtout que la révision était à faire de toute façon.
Un verdict prévisible : batterie en fin de vie et régulateur mort. Avec la révision, la facture s’est élevée à 700$. Je n’ai pas manqué d’en informer le vendeur, bien entendu, qui a eu une réaction tout à fait exemplaire. Il m’a demandé mes coordonnées bancaires et m’a fait un virement pour prendre à sa charge la moitié de la facture. Alors là, je dis bravo les irlandais. Rien ne l’obligeait à faire ça. Grande classe. Depuis, titine refait honneur à la réputation Honda et tourne comme une horloge sur les 3000 km déjà effectués à son guidon.
L’autre mécanique, c’est celle de Robert, notre van rouge surdimensionné. L’idée était de l’équiper en campervan dès que l’on avait un moment de libre. Mais quand on cumule deux emplois, un temps plein la semaine et le restaurant le week-end, forcément, le temps libre se faire rare. On avait pourtant des idées plein la tête, et une chronique « Pimp my van » pour ce blog afin de vous montrer l’évolution de l’engin… Dans les faits, le van est resté immobile devant le Park Lodge pendant trois mois.
Estelle avait fait le tour des agences de location de van pour récolter les adresses des magasins spécialisés où l’on trouverait ce qu’il nous fallait pour l’équiper. Donc, armés de bonne volonté, on est monté dans le van lors d’un samedi « off » pour aller faire nos emplettes. On tourne la clé, et rien. Forcément, de trop d’inactivité, la batterie était à plat. Ce sera donc partie remise.
Le samedi suivant, la batterie chargée, Estelle travaille mais pas moi, alors je vais en profiter pour lancer l’opération d’équipement du van. Il démarre, j’entre l’adresse du magasin Caravan Supplies et je pars pour 40 minutes de trajet au sud de Sydney. Sur la route, au ralenti, le moteur (décidemment) montrait une tenue de régime assez irrégulière. Une petite goutte de sueur perlait sur mon front. Enfin arrivé sur les lieux : un panneau accroché aux portes d’un local déserté indique que le magasin a déménagé. Il se trouve désormais à 40 minutes à l’Est de là où je me trouve. Une grande inspiration, et ça va aller. Je remonte à bord, tourne la clé… et à force de grands coups d’accélérateurs, le moteur s’ébroue enfin. Je ne vais pas prendre le risque de me perdre je ne sais où avec un van boitant, direction la maison. Le trafic est fluide, je reviens vers Surry Hills sans trop de problème.
Enfin, en m’insérant sur la double voie de South Dowling Street, les embouteillages du samedi soir sont déjà là, me forcent à stopper le véhicule, qui n’a pas d’embrayage (merci la boîte auto) et donc, grosse galère pour jouer de l’accélérateur. Le moteur calle. Et il ne veut rien savoir, impossible de le redémarrer. Me voilà donc au milieu des bouchons, sur la voie de gauche, à une centaine de mètres du Park Lodge, avec cette grosse masse rouge immobile qui me sert de carcan. Et les klaxons des impatients qui rythment ma bonne humeur.
Alors que je passais mes nerfs à frapper le volant, voilà que Jerry, le manager du restaurant, arrive à ma droite et reconnait le van qui lui avait été fort utile à son déménagement. En quelques secondes, il fait un demi-tour acrobatique pour mettre son 4×4 face à moi, sort ses pinces, connecte les batteries. Je tourne la clé… et rien. Le démarreur s’active mais jamais n’arrivera à lancer le moteur.
Il va falloir pousser. J’appelle donc Garry qui, fort heureusement, était là avec sa femme. Elle au volant, nous deux derrière pour essayer de mettre en mouvement le pachyderme de ferraille. A la sueur de nos fronts, on a finalement réussi à le remettre à sa place, là où il est le mieux, là où il est resté pendant des mois sans bouger.
La bonne nouvelle, c’est qu’après tous ses efforts, Garry a pris conscience que sa condition physique laissait vraiment a désirer, et il a donc décidé d’arrêter de fumer. Et pour la première fois depuis 30 ans, il n’a toujours pas retouché une cigarette depuis. Ca vous laisse une petite idée de ce que c’est que de pousser un truc pareil sur une double voie de Sydney…
La moins bonne nouvelle, c’est que même après avoir changé la batterie, le moteur ne voulait toujours pas tenir le ralenti. Il m’a juste permis de mouvoir le van jusqu’au garage du coin dont les mécanos – des pointures – ne voulaient pas mettre les mains dedans parce que c’était un diesel… On l’a donc fait remorquer pour un retour à la case départ, au garage de Fairfield, là où l’on acheté.
Il s’avère que le démarreur est HS, ce qui occasionnait la faible durée de vie de la batterie. Mais que ce n’est pas tout, un problème de carburation empêche le moteur de démarrer correctement… et ça viendrait probablement de la pompe à gazole qui a été changée quand on l’a acheté.
On doit rendre les clés de notre chambre au Park Lodge le 19 août. Il ne reste donc plus que quelques semaines. Le van est complètement vide et ne démarre même pas. Voyons la vérité en face, notre périple à bord du Robert Red Ford tout équipé semble compromis. Mais bon, c’est ça l’aventure Australienne ! Si tout était facile, ça ne serait même pas drôle.

















































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