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04
juil
09

Even here shit happens

Ce blog a pour objet de retranscrire notre aventure mais force est de constater qu’il la livre sous un jour plutôt ensoleillé, tout sourire, avec un enchaînement de bonnes surprises et de merveilleuses découvertes. Bon, autant être réalistes, il y a eu aussi des petites galères. Et surtout des galères mécaniques.

Pour commencer, ce fut la moto. Achetée à un Irlandais dans le quartier de Wollstonecraft, il me l’a vendue avec un chargeur de batterie, c’est un signe qui parlait de lui-même. En effet, dès le lendemain, à mi-parcours de mon trajet travail, arrivé au feu rouge, elle calle. Ok, elle n’a pas tourné depuis un moment, ce n’est pas bien grave. Puis une deuxième, puis une troisième fois… Jusqu’à ne plus réussir du tout à tenir le ralenti. Obliger de la démarrer à la poussette, sous les yeux intrigués de mon collègue de travail Saurabh qui fait la route avec moi. Et de jouer des gaz dès que l’on s’arrête histoire de garder le moteur en vie. Faite moi confiance, c’est vite fatiguant. Et ça me rappelait tout à fait les galères que j’avais eu avec le XT 600 quand le régulateur avait lâché…

R6 and CBR 600 at Bobin Head Creek

De retour au Park Lodge, je sors la batterie, la mets en charge pour la nuit, la repositionne au petit matin. Et tout baigne sur le trajet jusqu’au travail. J’en étais presque soulagé. Mais le soir, rebelote, impossible de tenir le ralenti, et vas-y que je te pousse pour redémarrer après les feux rouges (les fameux 84 feux rouges du trajet… bon pas tous quand même, hein, certains étaient verts, heureusement !). Pas moyen d’y échapper, il faut l’emmener au garage, surtout que la révision était à faire de toute façon.

Un verdict prévisible : batterie en fin de vie et régulateur mort. Avec la révision, la facture s’est élevée à 700$. Je n’ai pas manqué d’en informer le vendeur, bien entendu, qui a eu une réaction tout à fait exemplaire. Il m’a demandé mes coordonnées bancaires et m’a fait un virement pour prendre à sa charge la moitié de la facture. Alors là, je dis bravo les irlandais. Rien ne l’obligeait à faire ça. Grande classe. Depuis, titine refait honneur à la réputation Honda et tourne comme une horloge sur les 3000 km déjà effectués à son guidon.

Saurabh

L’autre mécanique, c’est celle de Robert, notre van rouge surdimensionné. L’idée était de l’équiper en campervan dès que l’on avait un moment de libre. Mais quand on cumule deux emplois, un temps plein la semaine et le restaurant le week-end, forcément, le temps libre se faire rare. On avait pourtant des idées plein la tête, et une chronique « Pimp my van » pour ce blog afin de vous montrer l’évolution de l’engin… Dans les faits, le van est resté immobile devant le Park Lodge pendant trois mois.

Estelle avait fait le tour des agences de location de van pour récolter les adresses des magasins spécialisés où l’on trouverait ce qu’il nous fallait pour l’équiper. Donc, armés de bonne volonté, on est monté dans le van lors d’un samedi « off » pour aller faire nos emplettes. On tourne la clé, et rien. Forcément, de trop d’inactivité, la batterie était à plat. Ce sera donc partie remise.

Le samedi suivant, la batterie chargée, Estelle travaille mais pas moi, alors je vais en profiter pour lancer l’opération d’équipement du van. Il démarre, j’entre l’adresse du magasin Caravan Supplies et je pars pour 40 minutes de trajet au sud de Sydney. Sur la route, au ralenti, le moteur (décidemment) montrait une tenue de régime assez irrégulière. Une petite goutte de sueur perlait sur mon front. Enfin arrivé sur les lieux : un panneau accroché aux portes d’un local déserté indique que le magasin a déménagé. Il se trouve désormais à 40 minutes à l’Est de là où je me trouve. Une grande inspiration, et ça va aller. Je remonte à bord, tourne la clé… et à force de grands coups d’accélérateurs, le moteur s’ébroue enfin. Je ne vais pas prendre le risque de me perdre je ne sais où avec un van boitant, direction la maison. Le trafic est fluide, je reviens vers Surry Hills sans trop de problème.

Robert Red Ford

Enfin, en m’insérant sur la double voie de South Dowling Street, les embouteillages du samedi soir sont déjà là, me forcent à stopper le véhicule, qui n’a pas d’embrayage (merci la boîte auto) et donc, grosse galère pour jouer de l’accélérateur. Le moteur calle. Et il ne veut rien savoir, impossible de le redémarrer. Me voilà donc au milieu des bouchons, sur la voie de gauche, à une centaine de mètres du Park Lodge, avec cette grosse masse rouge immobile qui me sert de carcan. Et les klaxons des impatients qui rythment ma bonne humeur.

Alors que je passais mes nerfs à frapper le volant, voilà que Jerry, le manager du restaurant, arrive à ma droite et reconnait le van qui lui avait été fort utile à son déménagement. En quelques secondes, il fait un demi-tour acrobatique pour mettre son 4×4 face à moi, sort ses pinces, connecte les batteries. Je tourne la clé… et rien. Le démarreur s’active mais jamais n’arrivera à lancer le moteur.

Il va falloir pousser. J’appelle donc Garry qui, fort heureusement, était là avec sa femme. Elle au volant, nous deux derrière pour essayer de mettre en mouvement le pachyderme de ferraille. A la sueur de nos fronts, on a finalement réussi à le remettre à sa place, là où il est le mieux, là où il est resté pendant des mois sans bouger.

Shit happens everywhere!

Shit happens everywhere!

La bonne nouvelle, c’est qu’après tous ses efforts, Garry a pris conscience que sa condition physique laissait vraiment a désirer, et il a donc décidé d’arrêter de fumer. Et pour la première fois depuis 30 ans, il n’a toujours pas retouché une cigarette depuis. Ca vous laisse une petite idée de ce que c’est que de pousser un truc pareil sur une double voie de Sydney…

La moins bonne nouvelle, c’est que même après avoir changé la batterie, le moteur ne voulait toujours pas tenir le ralenti. Il m’a juste permis de mouvoir le van jusqu’au garage du coin dont les mécanos – des pointures – ne voulaient pas mettre les mains dedans parce que c’était un diesel… On l’a donc fait remorquer pour un retour à la case départ, au garage de Fairfield, là où l’on acheté.

Il s’avère que le démarreur est HS, ce qui occasionnait la faible durée de vie de la batterie. Mais que ce n’est pas tout, un problème de carburation empêche le moteur de démarrer correctement… et ça viendrait probablement de la pompe à gazole qui a été changée quand on l’a acheté.

On doit rendre les clés de notre chambre au Park Lodge le 19 août. Il ne reste donc plus que quelques semaines. Le van est complètement vide et ne démarre même pas. Voyons la vérité en face, notre périple à bord du Robert Red Ford tout équipé semble compromis. Mais bon, c’est ça l’aventure Australienne ! Si tout était facile, ça ne serait même pas drôle.

02
juil
09

Saying goodbye to Laura

Laura avait quitté le Park Lodge trois mois auparavant pour s’enfuir avec Sue découvrir les merveilles de la côte Est australienne au volant d’un campervan de location. Direction le nord, direction le soleil. Le périple que tout bon backpacker se doit de réaliser, surtout en plein hiver, et que nous, pauvres travailleurs trimant à la tâche, n’avons vécu que par procuration… en bavant hébétés par toutes les photos que l’on nous a envoyées. Mais notre heure viendra, patience !

Laura's back from Darwin

Laura's back from Darwin

L’heure de Laura aller d’ailleurs bientôt sonner. Le triste glas du retour au bercail, vers son Angleterre natale. Elle a donc pris l’avion depuis Darwin pour revenir sur Sydney et passer ses derniers jours de vacance avec nous. C’est trop chouuuuu !

... and tropical mosquito's bites!

... and tropical mosquito's bites!

Elle en a pas forcément l’air comme ça, avec son blouson en cuir et son pantalon noir, mais cette nana est une vraie aventurière. Son voyage a commencé il y a un an maintenant, quand elle est partie du domicile parental, toute seule, armée de son sac à dos, à la conquête du monde. D’abord le Canada, et puis les Etats Unis de long en large, ensuite l’Asie, puis descente dans le Pacifique jusqu’à l’Australie. Livrée à elle-même, des petits boulots à droite à gauche, d’auberges en auberges, elle a toujours trouvé sa route et son parcours impose le respect.

Getting ready for a ride to Bondi

Getting ready for a ride to Bondi

Tout s’est toujours bien passé et son souvenir le plus regrettable doit certainement être sa dernière nuit avant de revenir sur Sydney. Ils étaient un petit groupe de jeunes voyageurs, pirouette, cacahuète, plein de bonnes intentions, voulant découvrir un parc national près de Darwin. Climat tropical oblige, la nuit dans la tente s’est transformée en véritable calvaire.

Ride to Bondi

Les coupables : les moustiques. Une armée entière d’insectes plus vicieux les uns que les autres, qu’aucun répulsif au monde ne pourrait dissuader de foncer sur votre peau pour se gorger de votre sang. Même au travers d’un jean, leur piqure réussissait à se frayer un chemin. De véritables soldats surentraînés. Une nuit blanche couronnée de centaines de boutons dispersés tout le long du corps, telles sont les séquelles d’un excès de confiance envers dame nature. Des souvenirs qui démangent…

Pimp Mister DJ's Ride

Pimp Mister DJ's Ride

Du coup, il fallait bien qu’on lui change les idées à la petite Laura. Et il se trouve justement que, ô sacrilège, elle n’avait encore jamais vu Bondi. Et ce n’est pas faute d’avoir passé six mois à Sydney ! Je me suis donc porté volontaire pour accompagner la demoiselle vers la plage la plus populaire de la ville, et pas n’importe comment, à moto, s’il vous plait.

Mister DJ

On n’est pas gentleman à moitié, alors après avoir déposé la jeune anglaise sur les berges de sable fin, je suis reparti chercher Estelle (eh oui, l’inconvénient majeur d’une motocyclette reste définitivement le nombre restreint de passagers) pour que l’on prenne tous les trois un petit déjeuner au bord de l’eau.

The same wave length girls

The same wave length girls

Ensuite, retour en ville pour dépenser les derniers dollars australiens et faire le plein de souvenirs, arpenter les rues de la city au plus chaud de la journée. Puis finir par un repas japonais, un peu d’exotisme pour ne pas souffrir de la comparaison avec le délicieux festin que nous avait préparé Estelle la veille au soir.

Laura and I

Et le lendemain, les inévitables adieux touchants de ces gens que l’aventure met sur votre route, avec qui l’on vit comme si on s’était toujours connu, et qui s’éloignent juste après s’être fait une place confortable dans votre cœur. Le voyage est un virus qui se propage en parsemant l’amitié et en inspirant les retrouvailles ça et là, aux quatre coins du monde. Et j’ai bien peur que l’on soit contaminés…

Laura and Estelle

08
juin
09

Riding to Stanwell Park

Quelques mois plus tôt, au volant de la voiture de Jamie, nous nous étions rendus au Royal National Park pour une des plus belles journées que nous avons passés jusqu’ici. Arpentant les magnifiques routes sinueuses au cœur du bush australien, mon esprit motard me torturait en suggérant les sensations possibles si toutefois, un guidon avait pris place entre mes mains. Estelle s’était même fendue de la petite vanne : « Ah, c’est râlant… t’aimerais bien avoir ta moto là, hein ? ». Et bien maintenant, la moto, elle est là, alors en route !

Stanwell park beach

Stanwell park beach

Mais cette fois, nous ne ferons que traverser le Royal National Park pour aller un peu plus loin, vers la ville de Stanwell Park. Petit havre de paix au bord de l’eau, au cœur d’une nature quasi vierge, entouré des vastes forêts verdoyantes.

Stanwell park

Après avoir quitté la Pacific Highway, nous arrivons aux portes du parc national, arrêté à la guérite où l’on se doit normalement de payer un droit d’accès de 11$ par véhicule. La jeune femme nous demande où l’on compte aller, et lui expliquant que l’on ne fait que traverser pour aller à Stanwell Park, elle nous ouvre la barrière et nous souhaite bonne route. Sympa !

Stanwell park

Seules quelques secondes suffisent pour ressentir à nouveau l’ivresse que procure cet endroit. La densité du bush qui nous déborde souffle cette énergie que l’on se réjouissait de retrouver.

Stanwell park panorama

Stanwell park panorama

D’autant plus que cette fois, nous ne sommes pas enfermés par la tôle imperméable d’une voiture. Aujourd’hui, on embrasse le paysage avec encore plus de liberté. L’air tiède de cette douce journée d’hiver se faufile tout autour de nous. Il transporte les parfums de la forêt jusqu’à nos narines. Et l’on se laisse enivrer dans un rythme de balade par les belles courbes de la Lady Wakehurst Drive.

Sand of Stanwell park beach

Arrivés aux bords des récifs, les automobilistes se bousculent sur les aires de stationnement pour profiter de la vue. Et quelle vue ! A peine le bitume quitté depuis quelques mètres, on se retrouve au milieu d’une nature sauvage, dont la végétation inonde le sol jusqu’aux berges de l’océan.

Stanwell park beach

Descendants maintenant dans la vallée de Bald Hill, nous voilà à Stanwell Park. Pittoresque station balnéaire familiale où les habitants de Sydney et de Wollongong profitent du dimanche ensoleillé pour venir pique-niquer.

Fishing against the waves

Fishing against the waves

Un peu plus loin du grand parc, la plage. Une large crique de sable fin, bordée par les deux massifs rocheux qui font office de support de luxe pour les villas des fortunés. Pas grand monde dans l’eau, même si les vagues auraient pu tenter quelques surfeurs.

Stanwell park beach

C’est à un autre sport que l’on s’adonne ici. La pêche. Confortablement installés sur leur chaise, observant cet océan qui vous captiverait des heures sans s’en rendre compte, les pêcheurs font ce qu’ils savent faire de mieux. Ils attendent que le moment vienne.

Fishing

Fishing

Les plus sages, les plus calmes, restent sur le sable observant de loin les discrets mouvements de leur ligne. D’autres, plus jeunes et plus fougueux, viennent défier Neptune en s’avançant dans les vagues pour tenter de lui prendre ses alvins.

Fishing

On aurait pu rester des heures, là, à regarder ce qui nous entourait. Sans une seconde trouver le temps long. Comme si ici, d’une complicité tacite et hâtive, les pêcheurs vous communiquez leur vertu.

Bird footprints in the sand

Bird footprints in the sand

Stanwell park

Mais même sans y prêter attention, l’heure tournait, et les jours sont courts en hiver. Alors il a fallu reprendre la route en fin d’après-midi…

Stanwell park

Juste le temps de regagner les hauteurs du Royal National Park pour faire un dernier arrêt, au bord de la route, et témoigner notre gratitude à l’astre solaire qui nous offrait, une fois encore, une de ses plus belles révérences…

Royal National Park goodbye sunset

Royal National Park goodbye sunset

11
mai
09

Guess what?

Ce nouveau travail me réjouissait sur tous les points. Tous, à une petite exception près… Un train puis un bus, soit 1h15 de transport, auquel on ajoute une demi-heure de marche, juste pour l’aller simple au travail. Ca fait quand même beaucoup.

Honda CBR 600 FY

Surtout que le tracé oblige un grand détour. Le train va jusqu’à Parramatta, à l’ouest de Sydney. Puis le bus remonte au Nord par les chemins de campagne. Et il faut voir la route qu’il parcourt… Le quartier s’appelle « Baulkham Hills », avec « Hills » comme collines : il arpente des ascensions et des descentes par des petites routes sinueuses, de quoi vous faire regretter d’avoir pris un petit déj’ !

Honda CBR 600 FY

Alors il y avait l’option du van pour éviter les grands détours. Mais un si gros fourgon pour trimballer une seule personne, ce n’est pas très raisonnable. Ca consomme beaucoup de carburant en ville, parce qu’il faut les mettre en mouvements les deux tonnes et des brouettes. Et quand il s’agit de trouver une place pour se garer, vaut mieux pas être pressé.

Honda CBR 600 FY

Honda CBR 600 FY

Il nous fallait trouver une solution simple, rapide, économique et ludique… pas facile comme dilemme…

Honda CBR 600 FY

Honda CBR 600 FY

Une idée ?

Honda CBR 600 FY

Honda CBR 600 FY

Non, 40 km à vélo, c’est un peu trop tous les matins, surtout que ça grimpe !

Honda CBR 600 FY

Honda CBR 600 FY

Bon ben, faut se rendre à l’évidence, c’est bien ça la meilleure des solutions :) Et en plus, je la trouve super jolie ma nouvelle solution !

Honda CBR 600 FY

Alors je tiens tout de suite à rassurer tout le monde, et en particulier ma petite mamounette : je suis très prudent, on a acheté tout l’équipement nécessaire (et pour être tricolore, on a acheté la marque Ixon, petit clin d’œil à Spike), les routes sont très larges (jamais moins que deux voies, des fois jusqu’à six voies et on n’est pourtant sur leur équivalent de « petites départementales ») et la limitation de vitesse est de 60 km/h (avec des zones à 40 km/h près des écoles) avec radars automatiques éparpillés un peu partout (ahhhh Big Brother…). Bref, je fais très attention et je mets désormais 45 minutes pour aller au travail. Tellement mieux ! Youpi !!!




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