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22
sept
10

Seeking a new job – i got it! wooohoooooooo!!!

Le mercredi matin de la semaine suivante, au réveil, le téléphone sonne… le nom d’Adam s’affiche sur le portable. Pression ! Encore dans le coltard, je prie pour que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle… Il n’a pas fait durer le suspens et m’a tout de suite dit que c’était bon, qu’ils avaient aimé ma prestation, que j’étais pris ! YEEESSSSSSS !!! Je bosse chez Macquarie, troooopppp boooooonnnnnnnnn !!!! Woooooohooooooo baby !!! Fais péter le champagne !!!!

Enfin non, ça ne s’est pas passé comme ça. Ca aurait été trop beau. Adam m’a effectivement dit qu’ils étaient ok. Mais ça n’était pas fini pour autant. Eh oui, faut bien continuer le suspens. Alors la prochaine étape, c’était la validation par le service comptable de Macquarie… Faut valider que ça rentre dans les budgets. En parallèle, on a lancé le processus de transfert de visa, parce qu’il fallait encore que mon visa soit accepté pour que je puisse travailler. Normalement, il n’y avait pas de raison que ça coince, mais bon, sait-on jamais ! Quelques jours après, la trésorerie de Macquarie a donné le feu vert : une bonne chose de faite. On s’approche, on s’approche… Ensuite ? Le « background check », ou le passage au peigne fin de mon passé pour être certain que je ne suis pas un serial killer ou un voyou terroriste. Il a fallu que je détaille les endroits où j’ai vécu sur les 10 dernières années, le descriptif de mes boulots, les personnes avec qui j’ai travaillé… Ah il faut montrer pâte blanche mon bon monsieur ! J’ai bien tout rempli, et ça a encore pris une semaine le temps qu’ils vérifient. Et moi, pendant tout ce temps, ben je ne pouvais rien célébrer, puisqu’il n’y avait rien de fait. Allez !!! Dis moi ouuuuuuiiiiiiiiiii !!!!

Quand Macquarie a donné le bon, le grand, le vrai feu vert, le 5 octobre, on n’avait encore aucune nouvelle de l’immigration. Rhaaaaa !!! Autant dire que je tenais plus en place. Mon premier jour été planifié pour le lundi 11 octobre… et pourtant, le vendredi qui précédait, toujours rien. L’angoisse. C’était « une formalité qui devrait prendre 4 jours tout au plus ». Ca fait bientôt 4 semaines !!! Ah l’administration, c’est d’une lenteur internationale ! Enfin, le 12 octobre, on a eu le véritable dénouement final de la fin du bout de l’extrémité du suspens… visa approuvé ! YaAaAaAAaahhHaaaAAAaAAA !!!!! Je commence lundi prochain, le 18. Enfin ! Ca y est !!! On n’est pas obligés de quitter le pays, je vais bosser dans le centre ville, dans la finance, dans une grosse entreprise ! YES !

Happy Mad Men

Résultat de l'abus d'épisodes de Mad Men en période de chômage

Bon ça y est, je peux vous parler un peu de ce boulot maintenant. Alors déjà, les conditions. Je suis embauché par Proquest, et cette fois, en employé permanent (CDI), et non pas en contractant (CDD) comme précédemment. Ce qui veut dire que j’ai 4 semaines de congés payés et 10 jours de congés maladie. Bon du coup, j’ai du renoncer à garder mon salaire précédent… Eh non ! Même pas, j’ai gagné 25% d’augmentation de salaire ! Et c’est pas tout, accrochez vous bien, étant donné que l’on n’est pas résidents australiens, Proquest a un partenariat avec l’organisation « Leaving Away From Home » qui prend à sa charge la moitié de notre loyer. Pincez-moi, je rêve ! J’étais déjà bien largement au dessus des revenus moyens australiens. Là ça y est, je viens jouer avec le haut du panier !

Pour info, Proquest est une petite boîte d’une 30aine de consultants, que des « top guns » placés dans des boîtes où ils sont facturés à prix d’or (d’où les entretiens préliminaires avec le russe à lunettes avant d’envoyer le CV aux clients : ils tiennent à conserver leur standing). Alors du coup, ces petits poulains, on les soigne. Plusieurs fois par mois, ils organisent des repas, des barbecues et apéros sur le balcon, des conférences sur des thèmes pointus comme la « scalabilité » ou le « datawarehouse »… Histoire de lier les troupes, de créer une vraie équipe, de garder le contact. On se réunit dans leurs splendides bureaux sur Darling Harbour et c’est toujours d’excellents moments. Clive, qui a créé cette boîte il y a à peine 3 ans, a tout compris, tout simplement !

Chez Macquarie, c’est pas Google, mais presque. Je travaille au deuxième étage, un immense open-space avec environ 200 employés. Pas de bureaux isolés. Tout le monde au même niveau. Les techniciens, les secrétaires, ceux de la finance, le support technique, les développeurs, les administrateurs, les team leaders, les chefs de projets, les responsables de développement… même Steve, le responsable du département, se trouve sur un des bureaux de l’open-space, comme les autres. Il est deux rangées derrière moi ! Du coup, pas de hiérarchie visible, pas de bureau en acajou et gros fauteuil en cuir. Ca préserve l’humilité et ça n’écrase pas les autres. Ca m’a un peu surpris au départ, mais j’ai tout de suite adhéré au concept. Je trouve même ça génial. Tout dans le pragmatisme, et ça marche parfaitement bien. D’ailleurs, pas de place vraiment attitrée non plus. On se trouve à un bureau pendant quelques mois, parce qu’on travaille avec une équipe sur un projet donné, mais dès que le projet est fini, on change tout, et on réagence pour optimiser la proximité des développeurs entre eux, mais aussi avec leurs interlocuteurs de la finance. Du coup, on ne s’enracine pas toute sa carrière derrière le même écran avec les mêmes personnes autour. Ca aussi, je trouve que c’est très stimulant.

Je parlais de Google, parce que dans cet immense open-space, il y a des grands écrans LCD en hauteur qui diffusent les chaînes sportives en continu. Il y a aussi de beaux aquariums pour se décontracter. Et il y a surtout deux grosses cuisines à disposition des employés, avec nourriture et boissons à volonté. Tout pour faire le petit déjeuner (lait, tous les jus de fruit possibles, sodas, céréales, thé, café, pain, toaster, beurre, miel, confiture…), des étagères entières de biscuits sucrés et salés… des panier de fruits… et le tout constamment réapprovisionné. Et c’est pas tout ! Le vendredi, jour du « casual wear » (pas de costard), en hommage à la tradition australienne, les frigo à boissons sont remplis de bières ! En fin d’après midi (vers 16h), elles sont distribuées à chaque équipe et on trinque tous ensemble… Moi je vous le dis, ce boulot, c’est le paradis !

Mais le travail dans tout ça ? Oui parce qu’au départ, on est quand même là pour bosser, hein. Ben le travail se passe comme sur des roulettes. Tout le monde est très qualifié, donc très autonome. On fait un point d’avancement tous les matins. Les tâches sont assignées. On travaille parfois seuls, parfois en équipe selon le besoin. Toujours en utilisant les technologies de pointe et les méthodologies modernes les plus tendances. L’ambiance est vraiment relax, chacun est responsable de sa personne : on arrive quand on veut, on repart quand on veut, du moment que le travail est fait. Moi ça y est, j’ai trouvé mon rythme : je vais à la muscu à 8h du mat, à la fraiche, juste à côté du boulot. Une douche, je commence le taf à 9h30, petit break le midi et je finis vers 17h30-18h. Les projets sont super intéressants. On est l’équipe « post trade », on s’occupe des informations d’achats/ventes acheminées tous les jours depuis les traders. C’est tellement compliqué que personne ne comprend vraiment à quoi correspondent ces informations qu’on manipule. Des cash-balances et open-trades et accruals et stock borrow loans et j’en passe et des meilleures… Mais c’est pas grave, il n’est pas vraiment nécessaire de comprendre, donc tout se passe bien ! Comme Sydney, l’open-space est très cosmopolite : beaucoup d’australiens, mais aussi des français (mon team leader vient de Bourgogne et un collègue vient de Nouvelle Calédonie !), des indiens, des irlandais, des anglais, des chinois, des russes… Et la mondialisation ne s’arrête pas là, puisqu’on échange constamment par mails ou en conférence téléphonique avec des équipes situées dans d’autres villes, notamment New-York et Honk-Kong. Autant dire qu’aucun jour ne se ressemble et que c’est toujours un grand plaisir de se lever le matin. Ce qui se dit sur Macquarie était donc bien fondé…

Ah, j’allais oublier. J’adore ce boulot, je vous l’avais déjà dit ? Héhé.

15
sept
10

Seeking a new job – Part 4

L’entretien d’aujourd’hui se passe au même endroit, mais pour un tout autre poste, dans une autre branche de Macquarie. Et je suis encore plus remonté que la semaine dernière. Faut dire que je commence à être entraîné à l’exercice ! Je rencontre les deux leaders techniques qui vont me faire passer l’entretien. L’un d’entre eux est français, ça aide à détendre un peu l’atmosphère. Mais ça ne les a pas empêchés de me passer à la moulinette.

Plus d’une heure d’entretien cette fois encore. Avec des questions théoriques piégeuses, des études de code, des résultats de requêtes, des explications illustrées sur le tableau des architectures mises en place dans mon précédent boulot… Ils ont déroulé toutes leurs questions et je n’ai pas flanché. A la fin de l’entretien, on a discuté de leur environnement de travail, des méthodologies, des projets. J’ai bien senti que le courant passait mais je ne voulais pas être trop confiant, ce n’est jamais bon. Ils m’ont dit qu’ils allaient discuter de tout ça et me tenir informé prochainement. Alors j’ai attendu, patiemment.

Macquarie Bank Headquarter

Et le verdict est tombé 48 heures plus tard : c’était ok ! YES ! Enfin, ok… ok pour avoir le second entretien. Vous croyez que c’est une blague ? Même pas. C’est Macquarie ! Donc prochaine étape, c’est direct la rencontre avec Monsieur le responsable des développements de la branche MSG, Macquarie Securities Group. Un des big boss du groupe avec son nom haut placé dans l’organigramme. Autant dire que la pression s’est faite sentir tout de suite. Et étant si près du but, hors de question de mollir !

Alors j’ai replongé dans les bouquins, à fond, mais pas sur la technique cette fois. Non, sur la méthodologie de gestion de projet. Les méthodes Agile comme on les appelle. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, c’est comme si je l’avais senti. J’ai passé un week-end entier à regarder des vidéos de conférences sur YouTube qui traitaient du sujet. J’ai lu autant que j’ai pu. Assimilé jusqu’à plus soif.

Il fallait aussi assurer régler ce problème de fringues, parce que la chemise à 10 euros de chez Brice et la vieille cravate tordue de Kirill, c’est pas très pro. Direction « High and Mighty », le magasin de Sydney spécialisé pour les grands ! Là bas, c’est mon coin de paradis. Chemises, vestes, pantalons… tout tombe nickel chrome. C’est impeccable. Parce que dans tous les autres magasins, qui dit grand dit obèse… Enfin bref, j’ai pris la panoplie complète. Fallait jouer le tout pour le tout. J’ai dit banco la caravane ! Comme un vrai capricorne.

High and Mighty

Le lundi 20 septembre, même endroit, j’ai me suis rendu à ce fameux second entretien. Le dernier rempart avant le Saint Graal. Il y avait comme prévu Steve, le responsable des développements, ainsi que Jaya, chef de projet. On a passé en revu mes expériences précédentes et, durant une heure et demi, absolument toutes les questions ont porté sur la gestion de projet. Et j’ai donc pu briller avec ces fameuses méthodologies longuement révisées. Là encore, des mises en situation pour savoir comment je réagirais, comment je définis les priorités, gère les membres de l’équipe, les clients, les environnements, les erreurs, les conflits, les retards… J’étais complètement lessivé. Ca s’est terminé sur des sourires décontractés. Ils m’ont dit, comme toujours, qu’ils me tiendraient au courant.

On entre dans la quatrième semaine sans emploi. Officiellement, mon visa arrive à son terme. Officiellement, on est censés plier bagage et préparer notre retour en France. Je n’ai strictement aucune autre piste concrète à part Macquarie. Tout repose sur cet entretien. Autant vous dire que le suspens était littéralement insupportable !

07
sept
10

Seeking a new job – Part 3

Etre au top pour l’entretien, voilà le but qui était en ligne de mire. Pour cela, j’ai récupéré, synthétisé, lu et relu tous les exemples de questionnaires d’entretien disponibles sur Internet sur les compétences demandées pour ce poste. Des centaines de questions-réponses qui sont devenues ma bible couvrant le contenu théorique. Pour la pratique, les questions faisant appel à de l’expérience de terrain, j’ai envoyé un SOS à Nico et Fabien sur des sujets précis, et Alexandra pour tout ce qui était relatif à la finance. Une aide précieuse qui m’a permis d’étoffer mon bagage, j’en profite pour les remercier une fois de plus : mes amis, vous avez été au top !

Martin Place - GPO

7 jours de révisions intensives qui m’ont rappelé les périodes de partiels à la fac. Et qui m’ont permis de me remettre à niveau sur tout un tas de technologies que je ne connaissais pas assez dans le détail. Il me restait un autre problème à régler : la tenue vestimentaire. Parce qu’on doit se présenter à un entretien dans ce genre d’entreprises en « smart suit », comprenez le costard cravate de rigueur. Et moi, je n’ai rien de tout ça ici en Australie. J’ai bien un pantalon et une chemise qui pourraient faire l’affaire, mais ni veste ni cravate. Kirill m’en a prêté une. Tant pis pour la veste.

Martin Place Macquarie

L’entretien avait lieu au siège, à Matin Place, en plein cœur du Central Business District de Sydney, le cœur dynamique de la ville, là où je rêve de travailler depuis qu’on a débarqué en Australie. L’immeuble moderne Macquarie de 24 étages se trouve au sein même du magnifique bâtiment néo-classique fin 19ème du General Post Office. Arrivé au 8ème étage, je rencontre le chef de projet et le responsable technique qui vont me faire passer l’entretien. Une heure quinze minutes d’interrogatoire. Intense ! Des questions très précises en rapport avec les difficultés qu’ils rencontraient actuellement sur leur projet, pour s’assurer que j’étais l’homme de la situation. Moi qui croyais être paré à tout, ils ont encore élevé la barre au dessus. J’ai réussi à répondre à la grande majorité des questions, bien content d’avoir révisé ces sujets, mais il y a eu quand même certaines très spécifiques, sur des situations que je n’avais encore jamais rencontrées, et pour lesquelles je n’ai pas pu répondre avec grandes précisions.

Et c’est malheureusement là que le bas a blessé. J’aurais du avoir le verdict le vendredi qui suivait. Je ne l’ai eu finalement que le mardi d’après, car ils ont eu beaucoup de mal à prendre leur décision entre les différents candidats. Mais je n’ai pas été retenu. Ils ont pris un autre candidat qui avait plus d’expérience sur les thèmes abordés… Vous savez qui ils ont pris ? Egor ! Le russe de la semaine d’avant. Eh oui, puisqu’après l’entretien, j’ai fait un résumé des questions qui m’ont été posées à Proquest, en leur expliquant comment j’avais répondu et ce qu’ils attendaient. Proquest a rapporté tout ça à Egor, vu qu’il arrivait au bout de son contrat, et il a donc pu briller lors de l’entretien après moi ! Enfin, ce n’est qu’une bataille de perdue. Macquarie a d’autres postes à pourvoir. Et d’ailleurs, j’ai un autre entretien de prévu, le 15 septembre. C’est à dire… demain !

31
août
10

Seeking a new job – Part 2

Ma première erreur était de ne jamais avoir entendu parlé de Macquarie. Une fois cette lacune comblée, ma seconde aura été de ne pas avoir su ce qui faisait leur réputation élitiste : le recrutement. Donc, le mardi arrivant, je me suis pointé comme une fleur dans les locaux de Proquest, pour ce fameux entretien technique que je pensais gagné d’avance. Gonflé à bloc d’une confiance un peu trop présomptueuse, j’étais à des kilomètres d’imaginer le sale moment qui m’attendait.

Proquest

J’ai rencontré Egor, consultant Proquest en poste chez Macquarie, un russe de 2 mètres et 130 kg, la tête ronde et les lunettes de la même forme. Impressionnant ! Dans la salle de réunion nous a rejoint Clive, le patron de Proquest, qui voulait assister à l’entretien. Egor a commencé par des questions très génériques, où fort de mon expérience de formateur, je me plaisais à répondre avec de belles phrases toutes faites. C’était très relax pendant 10 minutes, et puis ça s’est gâté. Il est rentré dans le détail technique, en posant des questions qui semblaient relever du sens commun pour quelqu’un qui avait 7 ans d’expérience, et pourtant, j’en savais rien. Alors j’ai répondu, tant bien que mal, avec des gouttes qui perlaient sur mon front. Sur quelques questions, j’avais la bonne réponse. D’autres étaient très approximatives. Et sur certaines, je séchais complètement. Bref, j’ai vite regretté de ne pas avoir révisé mes classiques avant de me pointer au rendez-vous. Ca a duré une grosse demi heure. Au bout de laquelle je pouvais lire sur son visage qu’il n’était qu’à moitié emballé par mes compétences. Et Clive à côté qui semblait tout aussi perplexe… Est-ce que je venais de griller toutes mes chances d’être présenté à Macquarie ? Je n’en menais pas large. Une bonne claque qui vous remet les pieds sur terre.

Quelques heures plus tard, de retour à la maison, je recevais un mail de Clive me disant que l’entretien de ce matin avait révélé de bonnes connaissances sur certains sujets, et des lacunes sur d’autres. Mais ils étaient toujours confiants. Ouf ! L’entretien avec Macquarie était fixé au mardi 7 septembre. Une semaine plus tard. Une semaine pour me préparer et pour faire en sorte de ne pas revivre le même embarras. Etant au chômage, c’était parti pour une semaine entière de révision intensive. Au boulot !

27
août
10

Seeking a new job – Part 1

Pensons positif ! Il faut voir le bon côté des choses. Cette fin de contrat, c’est l’occasion de changer d’environnement de travail, de se faire une nouvelle expérience, de travailler plus près du centre ville, dans une véritable entreprise australienne, avec des nouveaux collègues, des nouveaux projets… Et puis en jetant un œil sur www.seek.com.au, on peut voir qu’il y a plus de 1800 offres qui correspondent à mon profil. Rien à voir avec les 300 disponibles quand on est arrivés en février 2009, juste après le chaos de la crise financière. De plus, je ne suis plus en visa working holiday, j’ai un an d’expérience en Australie. Bref, ça devrait être du gâteau.

Macquarie building

Avec un CV tip-top et une lettre de motivation toujours taillée sur mesure par rapport à l’offre d’emploi pour laquelle je postulais, j’étais sur d’intéresser le recruteur. Ca n’a pas loupé et le téléphone a sonné quelques heures après les candidatures. C’est l’agence Proquest Consulting qui m’a contacté en premier, et qui m’a demandé si je connaissais l’entreprise pour laquelle ils avaient des postes à pourvoir : « Macquarie Bank ». Comme un idiot un peu trop sincère, j’ai répondu « Non ». Première boulette. En effet, Macquarie est la plus grosse banque d’investissement en Australie, avec son siège à Sydney, près de 15 000 employés dans le monde, 243 milliards de dollars de capital, l’une des entreprises les plus emblématiques du pays, si ce n’est la plus emblématique (elle tire d’ailleurs son nom en référence à Lachlan Macquarie, le premier gouverneur de Nouvelles Galles du Sud, qui a transformé les pénitents en premiers acteurs économiques du pays au 19ème siècle). Et la finance étant le secteur le plus enrichissant – à tous les niveaux – pour ceux qui travaillent dans l’informatique, si vous dites « Macquarie » à n’importe quel ingénieur ici, vous verrez tout de suite des étoiles briller dans leurs yeux et un sourire mielleux se dessiner sur leur visage, comme Gollum devant son précieux !

Proquest Consulting

Honte à moi qui ne savait rien de tout ça. Heureusement, le recruteur au bout du fil ne m’en a pas tenu rigueur et m’a rapidement expliqué de quoi il s’agissait, puis détaillé le poste qu’il avait à pourvoir. Il voulait me voir au plus vite. Demain. Ok. Au petit matin du vendredi 27 août, dernier jour officiel de mon contrat avec Torres Technologies, j’allais rencontrer le recruteur Adam (après avoir eu Jésus comme chef de projet, me faire recruter par Adam me semblait dans la continuité logique des choses) dans leur magnifique bureau sur Darling Harbour, juste devant les fameux locaux de Macquarie (le fameux 6-star green building, entièrement dessiné pour le développement durable et la protection de l’envrionnement) surplombant le port. Waou ça en jette ! Après m’avoir détaillé le poste, l’environnement de travail et la rémunération, il me dit être très confiant par rapport à mon profil, il est convaincu que ça va marcher. Il faut juste que je passe un entretien technique avec un de leurs consultants en poste chez Macquarie pour valider ma candidature. Une formalité. Le rendez vous est pris pour le mardi suivant. Pas de problème.

15
juil
09

Indecent proposal

Ce jour là, j’arrivais au travail comme d’habitude, avec mon casque dans une main et mon cappuccino dans l’autre, mais cette fois, Diego, mon patron, m’a tout de suite demandé s’il pouvait me parler cinq minutes. Un peu surpris, vu que c’est la première fois en deux mois qu’il m’invite à ce genre de tête à tête, j’ai un peu bafouillé puis j’ai évidemment accepté de le suivre dans la salle de réunion. Il a délicatement fermé derrière moi. Il s’est assis, à croisé ses mains sur la table, pris une inspiration, puis un léger sourire en coin. Il s’apprêtait à me faire une proposition indécente.

Avant de poursuivre, remettons la situation dans son contexte. Nous sommes le 15 juillet, mon contrat avec Greythorn se termine logiquement le 13 novembre, et je m’apprête, sans que personne au travail ne s’en doute, à donner ma lettre de démission dont le préavis m’amènera à la mi-août, date à laquelle nous devons quitter le Park Lodge pour commencer notre road-trip au volant de Robert, notre van tout rouge. Ce dernier est en rade, le travail d’aménagement en « camper van » n’a pas encore commencé et le peu de temps qu’il nous reste pour le faire est plus que limite. La situation est donc… délicate. Ah oui, et Saurabh, mon collègue de travail Indien, a posé sa démission la semaine dernière, fatigué des longs trajets jusqu’au travail, il allait chercher un travail plus proche de la city. L’équipe de développement s’est ainsi réduite d’un tiers…

Diego me demande tout d’abord comment se passe mon travail, si je m’y sens bien, si je le trouve intéressant… J’acquiesce, bien entendu, il serait malhonnête de nier que de tout ce que j’ai pu faire en Australie, ce job chez Torres Technology est, de très loin, ce qui m’a le plus plu. J’apprends de nouvelles choses tous les jours, l’ambiance est très sympa, une expérience des plus enrichissantes, surtout quand on sait à quel point je prise les environnements cosmopolites. Diego semble ravi de l’apprendre et poursuit alors : avec l’aide de Jesus, ils ont fini de définir les spécifications du projet et ont désormais une meilleure visibilité sur sa durée. Les développements dureront entre douze et quinze mois. Tous deux sont très satisfaits de mon travail et Diego me propose alors de me sponsoriser pour avoir un visa de résident temporaire australien et de prolonger mon contrat jusqu’à la fin du projet.

Un saut d’eau sur la tête. Certainement naïf, je ne m’attendais vraiment pas à une telle proposition. Mal à l’aise, j’ai essayé de trouver les mots justes, je lui ai expliqué que j’étais très flatté – c’est vrai – mais Estelle et moi avions prévu depuis longtemps un projet de voyage qui devait commencer à la fin du mois d’août, que j’étais vraiment confus – c’est vrai aussi – mais que je me devais de décliner cette offre. A son tour de recevoir un saut d’eau : les mains se séparèrent, le sourire disparu de son visage, sa bouche s’entrouva légèrement, ses yeux regardèrent tantôt à gauche, tantôt à droite, les sourcils se froncèrent puis se relâchèrent. Apparemment, il n’avait pas envisagé cette réponse de ma part. Faut dire que le sponsor par une entreprise (financement de la procédure d’obtention de visa justifiant de la nécessité d’embauche d’un employé étranger dont les compétences ne trouvent pas leur équivalent auprès d’un résident australien) est devenu tellement rarissime en cette période de crise qu’il est prisé comme le Graal par les voyageurs en Australie souhaitant poursuivre leur séjour. Il faudrait être fou pour dire non.

Diego n’a pas perdu son calme et son enthousiasme. Il comprenait, mais il n’avait pas décidé de rendre les armes pour autant. Son premier argument était de savoir si l’on ne pouvait pas envisager de repousser notre voyage. J’ai répondu « Oui… mais Estelle, elle est serveuse, elle ne fera pas ça encore un an… ». Ce n’était pas un problème, si elle souhaitait faire un travail de bureau, il pourrait nous aider à le trouver. « Oui… mais y a aussi les trajets, c’est quand même loin pour venir jusqu’ici ». Il m’a dit que l’on pouvait trouver un logement plus proche, et que l’on pouvait aménager mes horaires pour que je n’aie pas d’encombrement sur la route. « Oui mais… mais… ». J’étais à cours d’argument. Il s’est remis à sourire. J’ai eu peur et j’ai botté en touche vite. Je lui ai dit qu’on allait y réfléchir et on en rediscuterait la semaine prochaine.

Une fin de semaine à se ronger le cerveau avec Estelle, à déterminer les avantages et les inconvénients, à peser le pour et le contre, à compter les poids dans les plateaux de la balance. Pour résumer, on avait d’un côté un projet de road-trip un peu boitant et hasardeux pour les cinq mois qui arrivent, avec un budget très serré, puis un retour à notre vie française en février. De l’autre, une opportunité qui ne se représentera certainement jamais dans notre vie, à savoir, profiter un peu plus longtemps de cette liberté que l’on s’est offerte, rester quelques mois de plus en Australie, mettre de l’argent de côté, et s’offrir un voyage encore plus grand à l’arrivée. Occasionnant certainement la déception de ceux qui attendent notre retour en février 2010…

Après toutes ces délibérations, ce qui nous effrayait le plus étaient les regrets. On sait d’ores et déjà que le retour au pays sera difficile. Ca a été le cas pour tous ceux qui ont voyagé longtemps, il n’y a pas de raison que l’on échappe à la règle. Alors si en plus, une fois en France, on ressasse cette obsédante question : « Et si on avait dit oui ? ». Difficile de s’imaginer vivre en se disant qu’on est passé à côté de quelque chose…

La balle était de toute évidence dans notre camp. Le départ de Saurabh s’ajoutant à notre position de force, on a décidé de tenter le kit ou double. J’allais le lundi matin demander à Diego une augmentation de salaire, pour passer à 50 $ de l’heure. Un confort de salaire qui rendrait la proposition indiscutable. S’il est d’accord, on reste. Sinon, tant pis.

Et Diego a dit oui. Effectivement, s’il me fait un contrat direct, me rémunérer 50 $/h est plus intéressant pour lui que ce que lui facture actuellement Greythorn pour mes prestations. On y est tous gagnant. Enfin, il reste cependant une condition à tout cela : il faut que la demande de sponsor aboutisse. Eh oui, parce que les services d’immigration australien ont serré la vis, ce n’est pas qu’une formalité d’embaucher un étranger. En gros, il faut justifier que l’entreprise est suffisamment solide pour être éligible au financement du sponsor. Puis obtenir l’approbation des définitions des profils de poste susceptibles de faire l’objet d’un sponsor (ouf !). Et enfin, quand tous les feux sont au vert, obtenir l’approbation pour les employés correspondants aux profils définis ci-dessus. Bonjour la terre d’accueil !

Cependant, on a une solution de secours. Même si par malheur (le risque est faible) Torres Technology se voyait refuser la demande de sponsor, on pourrait toujours continuer de passer par Greythorn, qui est une importante société de recrutement en Australie et qui ont des accords privilégiés avec les services d’immigration. Par Greythorn, le sponsor sera effectivement qu’une formalité, mais dans ce cas là, je devrais faire une croix sur mon augmentation de salaire.

Torres Technology Job Offer

Torres Technology Job Offer

Devant autant de bonne volonté, on s’est laissé porter, et on verra où le vent nous mène. On a décidé d’arrêter de faire des prévisions, puisque depuis le début de ce voyage, chaque fois que l’on s’apprête à faire quelque chose, le destin nous envoie dans une autre direction (pour mémoire : démission prévue de Philae qui est devenue un congé sans solde, arrivée en Australie prévue chez l’habitant devenue auberge de jeunesse, départ prévu du Park Lodge en avril devenu travail comme serveur, deuxième départ prévu en mai devenu travail en informatique, et un troisième départ prévu qui se traduit en proposition difficilement refusable…). On tient à s’excuser et à remercier en même temps tous les proches, qui après le petit coup dur à l’annonce de cette nouvelle, continue de partager notre enthousiasme ! Et on se fait déjà un plaisir de vous emmener avec nous pour de nouvelles aventures !

29
mai
09

Welcome to Torres Technology

Voilà maintenant plusieurs semaines que j’ai commencé mon nouveau boulot au sein de la société Torres Technology. Le contrat a commencé le 11 mai dernier et tout se passe plutôt bien. Le temps est venu que vous fassiez connaissance avec ce nouvel environnement, que je vous présente les locaux et mes collègues de travail. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Nexus Building - Baulkham hills

Nexus Building - Baulkham hills

Les bureaux sont situées au sein du bâtiment Nexus Building, à Baulkham Hills, au Nord-Ouest de la ville. Pour y aller, de multiples choix dont deux principaux : 36 km de route ou 32 d’ « autoroute ». Oui, autoroute entre guillemets parce que les différences sont minimes : même bitume, toutes deux sont des doubles ou triples voie séparées par un îlot central, l’une a des feux rouges tous les 400 mètres (oui, je les ai comptés les 84 feux, parce qu’au rythme où on roule, faut bien se trouver une occupation pour pas s’endormir !), l’autre coûte 13 $, outch !

Nexus Building

Pour gagner 15 minutes, ça ne vaut pas vraiment le coup. Alors, au guidon de la moto, je prends mon mal en patience… et vu que les australiens ne sont pas trop copains avec la synchronisation des feux, il m’arrive d’en enchaîner trois d’affilé qui passent au rouge juste devant moi : il faut alors vite improviser des techniques pour éviter la crise de nerfs. La respiration d’accouchement marche pas trop mal… ou le hurlement primaire, dans le casque, ça soulage aussi ! Arrrrghhhhhhhhhhhhh !!!

A motorbike park with a roof

A motorbike park with a roof

45 minutes à une heure plus tard, j’arrive enfin au pied de ce bâtiment Nexus, une construction qui n’a que cinq ans d’ancienneté, implantée au milieu d’un quartier très aéré et bordé de verdure. Architecture ultra-moderne, une arête rouge tranche le cube de verre, sur lequel se reflètent les palmiers qui le bordent.</p

Nexus Lobby

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A l’intérieur, un très grand hall lumineux avec un bureau d’accueil, et sur la droite, la salle « Nexus Café » : un restaurant plutôt sympa avec des plats qui pourraient être meilleurs et un peu moins cher, mais vu qu’ils ne souffrent d’aucune concurrence, y a pas de raison qu’ils se surpassent… Enfin, on y trouve de grands canapés le long des baies vitrées, et jusqu’ici, personne ne fait de remarque si on vient s’y installer avec son propre repas, le mien étant amoureusement préparé la veille par mon petit chou. Donc je ne me gène pas pour en profiter !

5th floot reception desk

5th floot reception desk

Mais dirigeons nous vers les ascenseurs pour grimper jusqu’au cinquième étage du bâtiment, c’est là que nos bureaux se trouvent, dans l’aile droite. Toute cette partie appartient à Servcorp, dont l’activité est de proposer aux entreprises de louer des bureaux et de bénéficier de tout un tas de services pour faciliter leur exercice. Les portes s’ouvrent sur l’accueil/secrétariat. Encore une grande pièce taillée dans le modernisme. Cinq filles y travaillent à plein temps, pour être les secrétaires communes de la vingtaine de petites entreprises qui partagent l’étage. Elles accueillent les visiteurs, reçoivent et acheminent les appels téléphoniques, le courrier, les fax, gèrent les espaces communs…

5th floot reception desk

Ces services font partie du loyer et permettent aux entrepreneurs de limiter leur investissement en locaux, mobilier et personnel administratif. Le tout pour la modique somme de 20 000 $ par an, c’est quand même intéressant.

View from the 5th floor

View from the 5th floor

Servcorp a mis le prix (1 000 000 $) pour avoir une décoration au top, confortant les entrepreneurs locataires dans leur esprit de dynamisme. Agréable, avec de grandes fenêtres donnant sur les forêts alentours (à défaut de Sainte Victoire), de la lumière naturelle couplée à des spots tamisés sur des murs et du mobilier laqués, aux couleurs très tendance : anthracite et blanc, marron et rouge. Le tout est couronné d’une touche d’authentique, avec des tableaux et des réalisations aborigènes disposées aux murs de tous les couloirs.

Corridor

Et puis, le bâtiment Nexus est écolo ! Ils récupèrent et recycle le papier, les emballages, les cartouches d’encre… Toutes les lampes sont basse consommation. Des capteurs sont disposés dans tous les bureaux pour qu’une période d’inactivité engendre automatiquement l’extinction des lumières. C’est pour cette raison qu’il nous arrive régulièrement de gesticuler comme des gros débiles dans la peine ombre : une sorte d’incantation australe pour que la lumière revienne enfin !

Torres Technology Office

Torres Technology Office

Voilà et sur la droite, là, vous avez donc notre bureau. Ce n’est pas forcément le meilleur de l’étage, vu que l’on n’a pas de fenêtre. Et puis la disposition des bureaux pourraient être repensée : le patron derrière, en observation directe sur les quatre écrans de ses salariés, ça sent le flicage ! C’est bien dans l’esprit du pays remarque… Big Brother n’est jamais loin ! Tout ça donne des bonnes excuses pour quitter sa chaise régulièrement et allez faire une petite pause à la machine à café !

Apple iMac...

Apple iMac...

L’équipe de développeurs se compose toujours des trois consultants Java : Jesus, Saurabh et moi-même. Et elle a intégré récemment un développeur colombien estampillé Microsoft (bouuuuuuh). Il a le prénom du patron, il a la nationalité du patron, mais ce n’est pas le patron ! Alors pour le distinguer, il a été rebaptisé Diego Junior, prononcé « Rounior » avec l’accent sud-américain, forcément.

and Apple Mac Mini

and Apple Mac Mini

Saurabh est très vite devenu un pote. Étant motard, ça aide. Du coup, on fait souvent la route ensemble, on est solidaires dans l’adversité. Et puis ça fait plaisir de rencontrer quelqu’un qui a encore plus de difficulté que moi avec le principe de ponctualité. Mais le souci, c’est que lorsqu’on a une heure de route pour aller au boulot, les pannes de réveil prennent vite des proportions provocantes. Là, d’ailleurs, il en est au stade où quand il se réveille tard, il prend carrément un jour de congé. Quelque chose me dit que son contrat va se finir plus tôt que prévu… C’est dommage parce qu’on se marre bien.

Jesus and Saurabh

Jesus and Saurabh

Petite précision sur cette histoire de jour de congé : comprenez par là, journée non payée. C’est le modèle australien. Pour les contrats de courte durée, pas de congé payés, pas de congé maladie, rien, quedalle, walou. Par contre, si le contrat est d’un an ou plus, ils offrent (grands princes) deux semaines de congés payés par an, la classe. Mais faut pas tomber malade, hein, parce que ça empiète directement sur ce déjà trop maigre capital congés. Du coup, on comprend mieux pourquoi personne ne fait grève ici ! Pas payé, grande chance de perdre son boulot, donc pas d’argent pour payer son assurance maladie, ses crédits… un avenir au mieux dans du carton, au pire dans du sapin. Comme dirait Dam’, c’est le modèle parfait pour avoir une population bien disciplinée et jamais contrariante. Sont forts ces anglo-saxons !

And Diego Not-The-Boss-One

And Diego Not-The-Boss-One

Enfin, tout le monde travaille tout de même dans la bonne humeur. Jeunes, bien portants, instruits et productifs, on est dans la tranche de ceux à qui le système sourit. On n’aurait pas idée de se tirer une balle dans le pied ! De temps en temps, tout ce joli monde se retrouve à l’occasion de petits déjeuners réunissant toutes les entreprises de l’étage, moyennant une petite participation dont la somme est reversée à une œuvre caritative. Le buffet se passe dans la très luxueuse salle de réunion, on découvre et discute alors avec nos voisins, le relationnel se développe, et on ne se fait pas prier pour gouter à toutes les déclinaisons des petits déjeuners anglo-saxons. Yummy !

The assembly room

The assembly room

L’autre point de rencontre est la cuisine, avec son écran plat, son frigo américain (la moitié de l’étage doit d’ailleurs me détester vu la place que j’occupe avec mes Tupperwares), sa machine à café ultra-douée qui sait faire les cappuccinos, ses douze variétés de thé à volonté, ses quatre lave-vaisselles, son évier avec robinet spécial d’eau bouillante… Et tout ça gratuit d’utilisation. Il y a aussi des boissons dans le frigo : sodas, eaux pétillantes, bières, Champagne Moët et Chandon… des mignonettes d’alcool et des biscuits au chocolat sont sur le plan de travail. Mais là, par contre, il faut payer. Et souriez, vous êtes filmés !

The kitchen

The kitchen

Enfin le must, il faut le reconnaître, c’est la salle de musculation de l’étage inférieur. Une salle spacieuse avec un équipement de toute dernière génération. Je trouvais ça déjà génial d’avoir une salle près de mon appartement quand j’habitais à Marseille, mais l’avoir sur son lieu de travail, c’est encore un niveau au dessus. Alors je ne m’en prive pas, j’en abuse même, puisque je m’y rends tous les midis, pour 45 minutes d’entrainement. Le mode golgot est enclenché. Voilà, c’est la vie à l’Australienne, jusqu’au bout !

The gym

The gym

En conclusion, ce nouveau travail se dessine comme une expérience très intéressante. Celle-là même que l’on recherchait à l’origine du voyage. Partir dans un pays étranger et s’y immerger complètement. Ne pas connaître que la facette touristique, creuser pour découvrir ce qu’elle cache. Vivre au rythme australien, être confrontés à leurs difficultés, apprécier les bons côtés et avoir conscience aussi des moins bons. La route est longue mais le jeu en vaut la chandelle, alors tant que le vent souffle dans nos voiles, on ne change pas de cap !

The gym

08
mai
09

Yes baby! I’ve got an awesome IT job!!!

Nous remontons la rue George Street, dépassons Town Hall, puis tournons à gauche, sur Margaret Street. Au numéro 50, les portes s’ouvrent et dévoilent un hall luxueux, les halogènes flattant le marbre qui recouvre chacun des murs. Au 7ème étage, l’assistante de Greythorn Specialist IT Recruitment nous fait patienter quelques instants dans les fauteuils feutrés de l’accueil, le temps que Sima vienne à notre rencontre. La voilà qui arrive, dynamique et souriante, nous demandant de la suivre dans une petite salle de réunion. Le contrat est là, sur la table. Mon nom y est inscrit et je m’apprête à le signer. Mais d’abord, je glisse un mot à l’oreille d’Estelle. Elle me pince. C’est bon, cette fois, je ne rêve pas.

Level 7 - 50 Margaret Street - Sydney

Level 7 - 50 Margaret Street - Sydney

Greythorn est la première agence de recrutement à m’avoir contacté, lors de nos premières semaines à Sydney, suite à une candidature pour un poste d’administrateur WebSphere. Malheureusement, je n’avais pas été retenu. Et ensuite, silence radio. Bien des semaines plus tard, alors que j’avais tiré un trait sur l’idée d’un travail dans l’informatique et que nous allions partir en road-trip sous peu, le téléphone a sonné. C’est dans un magasin de Pitt Street, devant les cabines d’essayage où Estelle passait quelques robes, que Sima de Greythorn m’a appelé. Elle venait de trouver mon CV alors qu’elle cherchait un développeur J2EE pour un contrat de trois mois.

Au milieu des rayons de vêtements, la recruteuse me décrivit le profil afin de savoir si j’y correspondais. Elle m’énuméra les technologies qu’il fallait maîtriser selon le souhait du client. Il s’agissait des toutes dernières nouveautés en la matière, des plus avancées, des plus pointues. JEE 5, JSF, IceFaces, EJB 3, Seam, jBPM, Birt, Maven, Continuum… Je n’avais jamais entendu parlé de la moitié d’entre elles, et pour l’autre, je ne les connaissais même pas à moitié. Enfin, cela ne m’a pas empêché de garder mon aplomb et de dire qu’il n’y avait aucun problème, c’était dans mes cordes. Sima a ajouté qu’il serait un plus si je parlais espagnol. Très bien, disons donc que je parle espagnol ! Après tout, je n’avais rien à perdre.

Greythorn

Un rendez-vous pour un entretien avec Diego Torres de Torres Technologies a ainsi était remporté. Les choses se sont compliquées quand Sima m’a annoncé que ce serait un test technique qui durerait trois heures, avec une partie théorique, et une pratique consistant à réaliser une petite application. Outch. Tout de suite, direction l’Apple Store (un réflexe prémonitoire, vous comprendrez plus tard), qui propose une connexion Haut Débit gratuite sur les machines en démonstration, histoire de télécharger tous ces nouveaux trucs que je suis censé maîtriser, les enregistrant sur ma clé USB quand les vendeurs de pomme regardent ailleurs. Et me voilà de retour au Park Lodge, à essayer de comprendre comment tout ceci fonctionne, bien conscient qu’il faudrait un miracle pour réussir ce test.

Le jour J est arrivé. Costume de rigueur et direction Baulkham Hills, atteint en train puis en bus, 1h45 de trajet. Les joies du transport à Sydney. Deux autres prétendants sont là aussi, nous sommes apparemment le dernier lot de candidats et le projet doit commencer sous peu. Diego nous accueille et nous parle brièvement de ce dernier : il s’agit de réaliser une application pour une compagnie d’assurance santé Colombienne, centralisant leurs services et permettant à leurs membres de gérer leur compte. Les bureaux de Torres Technologies sont flambants neufs, au sein d’un bâtiment au design ultra-moderne. On nous installe sur les ordinateurs, des postes Linux avec Eclipse et JBoss, déconnectés d’Internet, bien entendu. Une grande inspiration, et c’est parti.

50 Margaret Street

Première bonne nouvelle, le test théorique porte sur les connaissances générales de la programmation objet, Java et SQL. Ce sont exactement les questions que je pose à mes stagiaires à la fin des formations IBM. Différences entre classe et objet, qu’est ce que JDBC, JMS, décrire les EJB, corriger des requêtes SQL… Miam, je buvais du petit lait.

La pratique maintenant : réaliser une application web succincte pour un musée afin de pouvoir en interroger le contenu. Deuxième bonne nouvelle, on n’utilise pas Seam, EJB 3, JSF et autres acronymes dont je me souviens à peine des lettres. Une application J2EE basique, JSP et Servlets, sans aucun assistant de code. Aucune aide nécessaire, c’est ce que je fais depuis 6 ans, et il se trouve aussi que c’est le genre d’exemples que j’utilise pour les formations. Oui, on peut le dire, je jubilais.

Greythorn building

Sima m’a recontacté pour me féliciter du test réussi, et pour m’apprendre la suite des événements. Car ce n’était pas tout à fait fini. Un entretien téléphonique était prévu, en conférence avec Diego Torres et… tenez-vous bien… le client final du projet, un chef de projet Colombien. Il allait falloir parler espagnol. Outch-bis. Pouvez-vous présenter, raconter votre parcours, votre dernier projet informatique… mais aussi, ce que vous connaissez de la Colombie, de la culture colombienne, et de la grippe porcine. Non, ce n’est pas une blague. Mon espagnol était pour le moins… approximatif. Les temps d’hésitation s’espaçant, Diego s’est proposé de faire l’interprète et je ne me suis pas privé de pouvoir m’exprimer en anglais. A défaut d’avoir la forme, tout a été misé sur le fond, assurant mon interlocuteur que travailler avec des personnes d’un pays étranger était la raison même de mon voyage en Australie.

Quelques jours de suspens et le téléphone a sonné. Avec un enthousiasme non dissimulé, Sima m’annonçait que j’étais pris. Je faisais parti des trois personnes retenues parmi la vingtaine qui a passé le test. Résultat : premier à l’examen technique, la classe, mais bien derrière un autre candidat à l’oral, qui avait certaines facilités. Bah oui, il est Vénézuélien. J’ai quand même du faire une bonne imposture puisque le client à apprécier mon excellent « potentiel » à parler espagnol et souhaitait me faire travailler à distance le week-end pour traduire des documents techniques. Heureusement pour moi, cette idée sera abandonnée.

Ils ont tellement été emballés que le contrat de trois mois initial est devenu un contrat de six mois avec « sponsorship », c’est-à-dire que Torres Technologies finance mon extension de visa et que je suis donc autorisé à rester sur le territoire aussi longtemps que je travaille avec eux. Waou. C’est un contrat à 35 $/heure, 40 heures par semaine, payé à la semaine. Autant dire que je gagnerai en un jour ce que je gagne en une semaine au restaurant. Je commence le 11 mai. Pour la durée du contrat, j’ai été clair avec Sima, en lui disant qu’il y avait de grandes chances pour que je quitte Sydney dans trois mois. Ça ne lui posait aucun problème, le principal était qu’elle ait ce client, elle s’occuperait de me remplacer. Tout était parfait. Alors j’ai signé.

Yeeeeessssss!!!

Yeeeeessssss!!!

Torres Technologies est une petite structure, dirigée par un Colombien naturalisé Australien, marié à une Malaisienne. Rien que ça. Du coup, on est moins surpris quand on découvre l’équipe de développement : à sa tête, Jésus, forcément, le messie Vénézuelien de 32 ans (oui, promis les gars, je lui demanderai s’il n’est pas trop anxieux quand il pense à son prochain anniversaire) ; Saurabh, le motard en R6, Indien d’origine, Néo-Zélandais d’adoption, 26 ans ; et moi, le p’tit Frenchy. Tout le monde a au moins 6 ans d’expérience dans le J2EE et un lourd passif d’application web. Que des Top Guns comme dirait Arnaud. On travaille dans les bureaux au 5eme étage du 7 Columbia Court, à Baulkham Hills. Grands espaces modernes, écrans plasma aux murs, fauteuils de ministres dans les salles de réunion, machine à café/cappuccino gratuite, grande cuisine design, cafétéria a l’entrée, salle de musculation au rez-de-chaussé… Et puis Diego est un fan d’Apple, alors on dispose tous d’un Mini-Mac Core 2 Duo 2 GHz, 4 Go de Ram, écran 22″ wide (petit clin d’œil a Thom et Nico). Hmmmmmmm, lovely. L’équipement parfait pour travailler avec les dernières perles du monde Open Source. Difficile de se plaindre, vous en conviendrez.

Au delà de la satisfaction que représente le travail en lui même et l’expérience qu’il va apporter, je ne peux cacher que ma joie se nourrit en partie de l’évolution des emplois qui m’ont occupé ces trois derniers mois. Manœuvre à tomber des cloisons, tenir un stand dans une fête foraine, déménageur, livreur, serveur dans un restaurant, technicien réseau a domicile… et maintenant, développeur senior à la pointe de Java. Une sorte de Stupeur et Tremblements à l’envers, oú l’ascension est aussi rapide que fut la chute du triste destin d’Amélie, confirmant que l’on tourne bien le dos au pays du soleil levant.

Notre départ en road-trip est donc repoussé à plus tard. Je suis toujours sur les plannings du restaurant Ciné, du vendredi soir au dimanche, ce qui me permet de continuer à faire ce boulot et de travailler avec Estelle. TFPG continue de m’appeler quand ils ont besoin d’une intervention. Au final, trois emplois en parallèle pour occuper les sept jours de la semaine, histoire de goûter sans modération au modèle anglo-saxon. Fourmis l’hiver, nous allons économiser tous nos dollars en attendant les beaux jours, puis devenir les cigales de l’été, et voyager sans travailler. Yes!

03
mar
09

Still looking for an IT job

Depuis que nous nous sommes mis à la recherche d’un travail, je n’ai pas désespéré d’en trouver un dans l’informatique. Pour ce faire, je me suis inscrit dans des agences de recrutement (Adecco, TempYours, Manpower…). Toutes nous ont réservé un accueil très chaleureux. A chaque fois, une personne est venue pour que l’on parcourt mon CV ensemble, discuter de mon expérience et de ce que je recherchais, en ne cachant pas un certain enthousiasme par rapport à mon positionnement chez un de leurs clients. L’ironie du sort est que la seule agence qui n’a même pas pris la peine de regarder mon CV, mentionnant le fait que mon profil ne faisait pas partie de leur secteur d’activité, c’est Kelly Services. No comment.

A côté de ces agences, chaque semaine, je réponds systématiquement à toutes les annonces contenant les mots-clés J2EE ou WebSphere, des sites de recherche d’emploi www.mycareer.com.au et de www.seek.com.au. Je postule avec ma jolie lettre de motivation et mon beau CV détaillé de quatre pages. Et j’obtiens des réponses. Ce sont des sociétés de recrutements spécialisées dans l’IT qui placent les ingénieurs chez leurs clients. C’est comme ça que je suis allé chez 2discover, dans un des hauts étages de la tour ABN Ambro, dont les bureaux ont une vue imprenable sur Sydney, celle-là même que je décrivais dans le rêve sur l’article du blog concernant mon premier boulot en Australie.

Aujourd’hui, c’est Liam Murphy, directeur de la société Solutec, qui veut me rencontrer à 15h, au 39ème étage du numéro 2 de Park Street. Je traverse donc la ville avec chemise, pantalon, chaussures de ville, sous pas moins de 27°C, me préparant psychologiquement à l’interview.

Workseeker outfit

A peine arrivé, il m’invite à redescendre dans le hall immense de l’immeuble pour qu’on y prenne un café. Attablé et devant mon espresso, je lui fais face, il n’a pris qu’un verre d’eau et tiens dans ses mains mon CV. Je m’attendais à un entretien classique, avec des demandes de précisions sur mes expériences passées, des questions pour essayer de cerner mes compétences… mais ça n’a pas tout à fait été le cas. Les questions ont été les suivantes, elles seront plus parlantes pour certains que pour d’autres, navrés pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec le jargon :

  • Lorsque vous travaillez en équipe, quels sont vos méthodes pour mener un projet ?
  • Si vous donner un travail d’une semaine à un développeur et qu’au cours du projet, vous vous rendez compte qu’il est en retard et que la qualité n’est pas celle attendue, comment réagissez-vous ?
  • Si vous avez un traitement de données à développer et que vous pouvez le faire soit dans le code Java, soit sous la forme d’une procédure en base de données, qu’est-ce qui va vous faire choisir l’un ou l’autre ?
  • Si l’on vous demande d’optimiser une requête SQL complexe qui s’exécute en 2 minutes pour qu’elle ne prenne plus que 20 secondes, comment procédez-vous ?
  • Si des modifications ont été apportées à une application, que tout a été validé en environnement de test, et que vous intervenez pour le déploiement sur un environnement de production, quelles sont les différentes étapes que vous mettriez en place ?
  • Si vous évaluez un développement Java à un mois, et que je vous dis qu’il faut qu’il soit terminé dans deux semaines, que me répondez-vous ?
  • Décrivez-moi l’environnement technique du projet le plus complexe dans lequel vous avez travaillé.
  • Si vous deviez passer un test technique concernant J2EE, quelle note sur 10 pensez-vous obtenir ?

    Ca avait le mérite d’être concret et précis ! En fait, il avait en tête un poste bien particulier, au sein d’AMP, une société d’assurance qui trône à Circular Quay, pour la coordination de développements sur WebSphere Portal. Le contrat est de six mois et le salaire est de 90 $/heure. J’en avais des étoiles plein les yeux. Il essayait donc de me préparer à l’entretien que je pourrais avoir sur place. J’ai répondu correctement à l’ensemble des questions, il avait l’air très satisfait. Seulement, le problème est que je ne peux pas travailler plus de six mois pour le même employeur, et ce genre de société aime bien pouvoir prolonger les contrats… Et puis, la crise a lourdement frappé Sydney, faisant exploser le chiffre des chômeurs, ce qui rend la préférence nationale presque un geste solidaire de bon sens ici.

    Au final, je n’aurais pas ce travail. Apparemment, AMP a trouvé mes compétences en WebSphere Portal trop légères pour ce poste. Snif…

    Mais je ne baisse pas les bras pour autant. Je continuerai d’entretenir régulièrement les relations avec les cinq recruteurs que j’ai rencontrés pour savoir s’ils n’ont pas de poste à pourvoir me correspondant. Je continuerai à répondre aux annonces des différents sites de recherche d’emploi. Et je reste convaincu qu’à force de diffuser mon CV, un employeur va bien finir par me faire signer un contrat. May the force be with me, always.




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