Articles Tagués ‘construction

09
mar
09

Finishing the kitchen

Vince a eu de nouveau besoin de bras et je suis retourné quelques fois travailler dans cette cuisine. Après avoir abattu les cloisons, nous avons stabilisé les poutres du plancher et celles du toit. Nous avons posé les lourdes plaques qui feront désormais office de nouveau planché. Les plaques plus légères de Placoplatre ont été posées sur les cloisons. Les pièces avaient déjà pris une autre tournure.

Vince's kitchen

Vince s’est occupé tout seul de poser le carrelage. Des larges carreaux noirs recouvrent désormais le sol. Puis il a eu besoin de deux handymen pour finir d’aposer les plaques sur les parties supérieures des cloisons et pour mettre en place les nouveaux meubles de la cuisine.

Vince's kitchen

J’ai donc proposé à Lars, un pensionnaire allemand du Park Loge, de m’accompagner et nous avons participé aux derniers travaux. C’est vraiment appréciable de travailler avec un allemand. Lars est aussi maniaque que moi, il aime les choses bien faites et que tout soit bien rangé, bien propre quand tout est fini. Ce fut une très bonne journée. Vince était ravi, il nous a même arrondi la paye à l’heure supérieure, ce qui n’est pas vraiment dans ces habitudes.

Lars

Lars

24
fév
09

Demolition Man

Je ne sais pas si Vince (celui qui m’a fait travailler comme manœuvre la semaine dernière, pour ceux du fond qui ne suivent pas) est venu jeter un œil sur le blog et n’a que moyenne apprécié la description que j’y faisais… Ou peut-être ai-je parlé trop vite en qualifiant le travail de peu harassant… Mais une chose est sure, le travail d’aujourd’hui n’était définitivement pas une partie de plaisir.

Vince's house

Vince (c’est bon, tout le monde suit ?) est venu me chercher à 6h30. On est allé récupérer un autre travailleur clandestin, Dave, un anglais de Leeds, qui comme moi souhaite travailler pour se faire un peu d’argent. Et nous voilà tous les trois partis vers la maison de Vince, dans le sud de Sydney, sur Illawarra Road (tiens, c’est marrant, le travail de la salle de bain se passait au bord du Lac Illawarra…). Pas un nuage à l’horizon, un temps magnifique avec une température de 27°C à l’ombre, encore une journée parfaite pour… travailler.

Vince's house

7h00 du matin, nous voilà en tenu de combat. Les armes sont chargées, le moral est gonflé à bloc, le birefing commence. Mission n°1 : Isoler les pièces qui ne seront pas massacrées de celles qui vont passer une salle journée. Quatre poutres sont posées, du sol au plafond, qui feront office de cadre au film plastique isolant rependu dans toute la pièce. On se croirait dans un épisode de Dexter, il ne manquait plus que la musique

Vince's house

Mission n°2 : exterminer les meubles de la cuisine. Ca ne prendra que quelques minutes. Pas de temps à perdre, on dévisse les meubles à grands coups de marteau et on arrache tout ce qui dépasse. Jusqu’ici, le travail était plutôt amusant. Après avoir monté les meubles à Wentworth park, je les démonte ici. Pourquoi pas.

Vince's house

Mission n°3 : anéantir les cloisons. C’est là que ça s’est compliqué. Les cloisons des maisons australiennes ne sont pas de bonnes vieilles plaques de placo BA13 qu’il nous aurait suffit de scier. Non, ce sont deux couches de métal clouées sur des poutres et sur lesquelles est fixé le plâtre. La démarche consistait à détruire au marteau ce fameux plâtre de chacun des côtés. Puis, une fois que toute la pièce est correctement emplie d’un épais nuage de poussière asphyxiant, enlever morceau par morceau les plaques de métal rouillées, fixées par un zélé maçon qui ne lésina pas sur les 44 876 clous. Bien entendu, régulièrement, les gravas devaient être déplacés vers le devant de la maison. Et cette mission a duré de 8h00 jusqu’à 15h… Etant légèrement allergique, j’ai donc passé la journée à éternuer et à tapisser de poussière aussi bien mes poumons que toute la surface de ma peau… Génial.

Vince's house

Mission n°4 : éviter l’effondrement. Oui, parce qu’à force d’abattre des poutres, tout le toit aurait bien pu nous tomber sur la tête. Pas de panique, Vince veille au grain et fut fort ravi d’avoir un ouvrier de 2m03 pour tenir la poutre maitresse à bout de bras quand il fixait les cales avec son pistolet à clous.

Vince's house

J’étais de retour au Park Lodge à 17h30, complètement exténué… priant pour qu’une opportunité dans l’informatique se concrétise enfin ! Eh oui, parce que j’ai maintenant trois contacts recruteurs de différentes sociétés de service informatique qui sont plutôt enthousiastes à l’idée de réussir à me caser chez un de leurs clients. Ca serait pour un poste de développeur Java ou d’administrateur WebSphere, suffisamment bien payé pour qu’un contrat de six mois sur Sydney finance notre voyage pour les six mois suivants. Bon, jusqu’ici, rien de concret puisque les clients en question ont tendance à préférer les candidatures des citoyens australiens. Mais il faut garder le think positive. Yes We Can!!!

Demolotion Man

17
fév
09

My very first job in Australia

Je remonte la rue Philip Street jusqu’à l’immense tour ABN-Ambro qui trône au milieu du Central Business District de Syndey. J’entre dans le hall et me dirige vers les deux blocs des quatre ascenseurs. L’un d’entre eux m’emmène au 27ème étage, dans les bureaux de la société Gemtek Executive. La plantureuse réceptionniste me demande de patienter pendant qu’elle joint Michael par téléphone, qui vient m’accueillir. Il était comme je l’imaginais d’après les quelques mails que nous avons échangés. Je le suis et il me présente la pièce qui sera désormais mon bureau. Un large espace décoré à la manière high-tech, des meubles noirs sur un carrelage clair. Mais ça, je n’y porterai attention que plus tard. Ce qui me captive pendant de longues minutes, c’est cette baie vitrée qui fait office de quatrième cloison. Une plaque de verre immense qui donne une vue imprenable surplombant la baie de Sydney. On y voit l’Opéra, le Harbour Bridge, les Royal Botanic Gardens, les bateaux qui vont et viennent… c’est magnifique. Je m’installe sur ce fauteuil de ministre et manipule l’ordinateur, le sourire d’une oreille à l’autre, tellement ravi de ce qui m’arrive. Puis une sonnerie se met à retentir. Une alarme d’incendie, une alerte ? Je ne sais pas ce que c’est ni ce qu’il faut faire. Je sors du bureau. L’alarme se fait de plus en plus forte et pourtant personne ne bouge autour de moi. Tout le monde est placide, je suis le seul à paniquer. L’alarme ne cesse de sonner. Mais qu’est-ce qu’il se passe ?!?

C’était l’alarme de mon réveil. Il est 5h00 du matin. Mon joli rêve est fini, me voilà revenu à la dure réalité. Je dois me lever pour jouer les manœuvres et faire le carrelage d’une salle de bain. C’est Garry qui m’a eu ce boulot grâce à une de ses connaissances qui est artisan. A 6h15, Vince est venu me chercher dans son pick-up Toyota. Direction Wollongong, et plus précisément Oak Flats, à 1h30 au sud de Sydney, une ville qui borde le lac Illawarra. Vince a la cinquantaine, australien pure souche, il a toujours été sur les chantiers et travaille à son compte depuis une dizaine d’années. Il a un peu visité l’Europe dans sa jeunesse, mais dans son pays, il n’est jamais allé plus loin que le Queensland. Un vrai Sydneysider quoi. Pas très grand et mince, il n’est pas très loquace, plutôt discret et directif. Mais sa peau parle pour lui comme un livre ouvert. Sous sa casquette parme, à l’effigie de la marque Wild Turkey Bourbon, on y voit un visage tiraillé par les rides du labeur. De lourdes poches cernent ses yeux bleus. Sur ces bras comme sur ses jambes, côté pile comme côté face, se trouvent des tatouages colorés qui n’ont rien d’artistique ni de très fleur bleue. Le trait est grossier, on les dirait dessinés au cutter et à l’encre de chine. Sur le mollet droit, un diable arbore sa hache au sommet d’un crane. Une araignée recouvre son genou gauche… Sûrement les illustrations des étapes d’une vie mouvementée. La clope au bec et la fenêtre ouverte, il m’emmène sur la highway n°1 qui longe le bush de Cataract, de Cordeaux et le Morton National Park. Je suis fasciné par ces étendues de forêt vierge à perte de vue. Des arbres par millions, d’un vert foncé traduisant leur pleine santé suite aux récentes chutes d’eau. Parfois, les étendues arboricoles s’interrompent pour laisser place à de vastes prairies, aux milieu desquelles se trouvent des ilots de ces mêmes arbres, regroupés et serrés les uns aux autres, certainement solidaires dans leur recherche souterraine pour puiser l’eau.

Le « chantier » se trouve dans une villa pavillonnaire de Oak Flats qui donne directement sur le lac Illawarra. Le cadre pourrait être pire, surtout qu’ils ne doivent pas vouloir se baigner dans le lac, alors ils ont rajouté une piscine dans le jardin… Le propriétaire veut refaire sa salle de bain. Il a donc fallu aller acheter quelques plaques de contre-plaqué pour mettre tous les murs à niveau, les découper, faire de la colle (encore et encore) pour poser les carreaux, les découper eux aussi quand nécessaire. Les mesures, la pose de la colle, des carreaux bien espacés, toujours vérifier si la ligne est bien horizontale… Ce fut un travail très instructif et pas vraiment difficile.

Le plus complexe était de loin comprendre l’accent australien, surtout que je ne suis pas très familier avec le vocabulaire des outils de chantier. Je ne savais même pas qu’un carreau se disait « tile ». Et quand ce mot est prononcé « tailleul », vous imaginez le calvaire. Un exemple, « Passe moi le seau d’eau » se dit « Give me the bucket of water ». En australien, ça donne « Gimmi z’b’cket o’ wadeu ». Autant dire qu’il faut être attentif et faire marcher son imagination !

Le travail a commencé à 8h et s’est terminé à 17h… sans pause. Oui, Vince n’est pas très familier avec le repas du midi, ni avec toute espèce de pause de manière générale. Au fil du temps, Vince s’est décontracté et on a finalement pas mal discuté. C’est le premier véritable australien que je rencontre depuis notre arrivée. Un peu froid de prime abord, mais quelqu’un de foncièrement gentil et réglo. 9h de travail d’affilées, j’étais quand même bien claqué. Je me suis endormi dans le pick-up sur le voyage retour. La journée s’est soldée par une paye de 140 $, en cash et de la main à la main. Nickel. Il devrait avoir besoin de moi mercredi prochain aussi, donc il m’appellera pour me tenir au courant. Voilà un bon petit plan pour des boulots ponctuels et permettre de faire rentrer un peu d’argent.

Allez, maintenant, un petit quizz. Le (la) premier(e) qui trouve les deux bonnes réponses aura droit à un joli cadeau en provenance direct du pays des kangourous ! Prêts ? C’est parti !

1) Comment dit-on, en anglais, un mètre enrouleur (l’outil permettant de mesurer) ?
2) Quelle est la marque australienne d’outils qui m’est le plus familière ?

A vous !




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