28
sept
09

Fortunately no plaster

Un bon présage tout d’abord durant ce week-end puisque le samedi avait vu, enfin, la réparation complète du van. Ca y est, après un démarreur et une pompe à gasoil de changée, et par la même, les deux batteries, le van tournait enfin comme une horloge. Il était temps ! D’autant plus qu’avec ce plâtre, un véhicule à quatre roues et une boîte automatique était exactement ce dont j’avais besoin. C’est donc avec le van que je me suis rendu au centre orthopédique de l’hôpital pour rencontrer ce fameux spécialiste qui, tel un diseur de bonne aventure, allait me dévoiler mon avenir.

Encore un nouveau mode de fonctionnement ici, puisque tous les rendez-vous avec les médecins sont pris pour 8h30, et les patients sont examinés dans l’ordre où ils sont arrivés. On se doute donc que si l’on ne veut pas passer à midi, autant arriver tôt. Ce sera une heure d’avance pour ma part, armé de mon bouquin cette fois, « Les fleurs du mal ». Comme si je comptais inconsciemment sur Baudelaire pour m’aider à trouver quelque chose de beau dans cette succession de galères. Un livre que je n’aurais pas l’occasion de prendre puisque mon voisin semblait d’humeur loquasse. Peut être qu’il avait oublié le sien. Il m’a alors raconté ses malheurs. Le pauvre arrivait à peine à s’asseoir. Il s’était fait percuté par une voiture qui lui avait refusé une priorité alors qu’il descendait une rue à vélo. Agé de cinquante ans, un âge un peu avancé pour les cascades, il s’était envolé sur plusieurs mètres avant de percuter violemment le sol. Les deux genoux et les deux coudes avaient salement soufferts. Mais il avait le moral, et se languissait de pouvoir refaire du vélo. Une bonne leçon d’humilité avant d’être examiné. Ah ça y est, c’est mon tour.

On the cruches

On the cruches

Ce n’est pas le docteur Boyle qui me verra mais un remplaçant. Il écoute mon histoire, regarde la radio et m’informe que non, ce n’est pas une fracture. Enfin, pas ce qu’on peut médicalement appeler « une fracture ». Les médecins des urgences se sont trompés, il s’agit d’un tout petit fragment d’os arraché par le ligament lors de la torsion de la cheville, et qui ne justifie en rien un plâtre. Un coup de ciseau sur les bandages, la gouttière que je portais vole à la poubelle. Je dois garder les béquilles pendant une semaine, et que je m’appuis progressivement sur mon pied gauche. Quand je la sentirais suffisamment stable, je n’aurais plus besoin des béquilles et pourrait reprendre une activité normale.

Il n’est fallait pas plus pour me donner le sourire d’une oreille à l’autre. Je me doutais bien que ce n’était pas si méchant. Bon j’ai encore la cheville bien enflée, c’est sur, et des douleurs dès qu’on la touche, mais je peux m’appuyer sur mon pied gauche sans problème. Je vais quand même être sage, et marcher avec des béquilles pendant quelques jours, histoire de ne pas jouer avec le feu.

Je suis remonté dans le van, et mis le cap vers Baulkham Hills pour reprendre le travail sans perdre de temps. Un illustre compositeur disait que le travail, c’est la santé. J’ai toujours émis un doute la dessus mais j’ai touché du doigt que l’idée de ne pas pouvoir exercer une activité professionnelle nuisait considérablement à mon équilibre mental. Si j’avais du passer six semaines enfermés dans mon appartement, je crois bien que je serais devenu fou, tout simplement.

Enfin toute cette histoire aura eu le mérite d’être intéressante sur de nombreux points. Notamment un, la solidarité des praticiens médicaux et l’homogénéité de leurs diagnostics. Non, parce que sérieusement, c’est d’une entorse qu’il s’agit. Je suis peut être un peu naïf mais il ne me semble pas qu’il y ait de grands mystères scientifiques autour d’une entorse de la cheville. Les hommes s’en font depuis l’âge de pierre et doivent savoir les soigner depuis à peu près la même époque, non ? Nous sommes en 2009, dans un pays développé, bénéficiant d’une pléthore d’avancées technologiques et dispensant un niveau certainement très élevé d’éducation médicale. Comment est-il possible que sur trois médecins, regardant les mêmes radios, le premier dise « pas de fracture, pas de béquilles », le second « fracture, béquilles », et enfin le troisième « pas de fracture, mais béquilles » ? Et devant une telle différence d’appréciation, comment peuvent-ils être si condescendants envers leurs confrères, n’hésitant pas une seconde à les blâmer et à employer les termes de « fautes de jugement », d’ « erreur de diagnostic », de prendre ce ton suffisant en disant « non mais vous savez, ce sont les médecins des urgences… », l’air de dire en gros, « ils ne comprennent rien à rien » ? On n’est vraiment pas loin du discours du maçon qui vient vous expliquer que le précédent que vous avez payé pour construire votre maison s’est vraiment bien foutu de votre gueule. Sauf que là, c’est de santé qu’il s’agit. Quelque part, heureusement que ce n’était qu’une entorse….


2 Réponses vers “Fortunately no plaster”


  1. 1 BERNARD REGINE
    novembre 7, 2009 à 4:21

    DONC TU MARCHES A 4 PATTES. COURAGE

  2. 2 Kriss
    novembre 15, 2009 à 6:04

    Ben non finalement, tu ne vieillis pas, tu retombes en enfance. MDR

    Tien nous au courant quand tu te remettras à sauter comme un kangourou :-)

    Bises à vous et aux autres.


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