Archive pour mars 2009

30
mar
09

Portraits of Sydneysiders

Il n’est pas inintéressant de rappeler que les habitants de Sydney ne sont pas les Sydneysians ou les Sydneysiés mais bien les Sydneysiders. Autrement dit, ceux qui vivent du côté de Sydney. Peut-être cette dénomination s’explique par la taille même de la ville, si vaste que ses frontières en sont difficilement concevables. Une agglomération d’une centaine de quartiers, ou suburbs, qui s’étalent sur près de 150 km le long de la côte, pour plus d’1,2 millions d’hectares au total. Si le centre – la City – se traverse en une demi-heure de marche, la ville entière demandera plus d’une heure de train pour la parcourir d’un bout à l’autre. Et sur ces grandes distances, la ville la plus cosmopolite d’Australie abrite des populations très diverses, un véritable échantillon représentatif de l’humanité. Auquel s’ajoute le raz-de-marée de touristes venus des quatre coins du monde pour la période estivale. Autant dire que dresser le portrait du sydneysider n’est pas chose facile.

George Street

George Street

Nous nous concentrerons donc sur celles et ceux rencontrés dans la City. Il s’agira de déterminer les caractéristiques communes les plus frappantes de cette population hétérogène, rassemblant toutes les origines, toutes les religions, toutes les physionomies et tous les âges. Et la première d’entre elles sera certainement le souci qu’apportent les Sydneysiders à leur apparence. Ici, on soigne son look et le glamour s’entretient tous les jours. De plus, Sydney est le berceau mondial de la communauté gay, ce qui ne fait qu’exalter l’intérêt pour le culte du corps.

George Street

Pour travailler son apparence, on fait du sport. On court, dès que l’on a un moment de libre. Le footing autour des parcs semble ancré dans la culture de la ville. Une jeune maman avec des jumeaux ne se sert pas de l’excuse d’absence de babysitter pour sécher sa course du week-end : elle les met dans la poussette double et part faire le tour de Centenial Park. Promener les enfants et courir avec une charge supplémentaire, ce n’est là qu’un bon moyen de rendre l’exercice encore plus bienfaiteur.

George Street

George Street

On s’y est d’ailleurs mis nous aussi, le footing étant effectivement un moyen plaisant de se déplacer tout en gardant la forme. Et il m’est arrivé, lorsque je me faisais doubler par un de ces « Aussie Runner » de leur emboiter le pas et d’essayer de suivre leur rythme. Peine perdue. Au bout d’une centaine de mètres, je jetais l’éponge. Ces gens là ne sont pas là pour une petite marche rapide, ils courent vraiment ! Et d’autant plus quand leur esprit compétitif est titillé par le bruit de vos pas derrière les leurs.

Central Business District

Central Business District

Dans le pays comptant le plus d’obèses au monde, on trouve à Sydney davantage de belles silhouettes que de surcharges pondérales. Les filles sont fluettes, les mecs sont baraqués. Et le fruit de ce travail acharné est fièrement mis en valeur. On se contente de recouvrir le maillot de bain d’un frêle morceau de tissu pour se rendre à la plage. On s’habille ultra-court et ultra-serré pour sortir en soirée. Une sorte de surenchère se lance alors, laissant de côté la pudeur et les tenues correctes, histoire de banaliser la provocation.

Central Business District

La mode ici est toute aussi variée que la population. Les post-ados aiment jouer les androgynes, se laissant pousser la mèche sur le visage, portant des tee-shirts décolletés et des pantalons taille basse très moulants. Les plus vieux aiment imiter les looks dignes des pub d’Hugo Boss. Hors de question pour une demoiselle de porter un jean une fois le soleil couché. Les filles aiment les robes de soirée, généralement très courtes, ou des mini-shorts, avec des escarpins perchés sur quinze centimètres de talon, même si on ne sait pas marcher avec. Et puis il y a tous les autres styles, plus originaux les uns que les autres, transformant les rues du centre ville en un gigantesque défilé, éclairé par les lumières des voitures rutilantes, elles aussi faisant partie de la panoplie.

Central Business District

Mais ce souci de l’apparence ne rend pas pour autant la population superficielle et égocentrique. On est loin de l’ambiance de Miami, où tout le monde se toise et se juge par une observation des pieds à la tête. A Sydney, l’apparence semble davantage être une façon de se sentir bien dans ses baskets et d’avoir confiance en soi. Les gens ici aiment le partage. Ils discutent volontiers de choses et d’autres, avec une politesse très appréciable.

Central Business District

Il faut dire qu’ici, tous le monde est un peu immigré, à quelques générations près. On croise rarement un australien dont la filiation remonte aux bagnards envoyés par la reine dans cette île pénitentiaire du bout du monde. Ils sont tous fils ou petits fils d’européen ou d’asiatique, alors discuter de ses origines, de ses voyages et de ce qu’il nous reste à découvrir, sont des sujets que tout le monde aborde avec un vif intérêt.

Belmore Park

Belmore Park

Par exemple, il y a Georges, libanais, la quarantaine avancée, taille moyenne et bien portant, peau mate, barbe mal taillée, employé par la société de train de Syndey pour renseigner les voyageurs de Central Station. Ce Georges s’est mis à me courir après alors que je montais dans une des voitures du train. Ma physionomie l’avait intrigué et il tenait à savoir d’où je venais. Sur le pas de la porte, nous avons alors échangés quelques mots. « Oh France! Europe! Brilliant! » a-t-il dit. Et il s’est mis à me poser des questions sur mon voyage ici, sur les pays que j’avais visité, « Oh beautiful ! », sur la femme qui partageait ma vie, sur nos projets… Puis il m’a souhaité une très bonne continuation. Quand la porte du train s’est refermée, je crois que je me suis pincé pour être certain que tout ceci était bien réel.

George Street

En France, quand des inconnus se disent bonjour, c’est tellement extraordinaire que ça en paraitrait presque louche. Ici, c’est la moindre des choses. Pas beaucoup de « G’day mate » à Sydney, contrairement à la réputation australienne. Mais on utilise sans modération le « Hi mate », immédiatement suivi du « How are you? » ou autre « How’s you going? ». On nous demande comment on va, partout, toujours, tout le temps. Le caissier du supermarché, le vendeur de vêtements, le serveur du café, le réceptionniste de la Poste… Au début, c’est un peu déroutant. On ne savait pas trop s’il s’agissait de formules d’usage répétées machinalement ou s’ils attendaient vraiment une réponse… Il s’avère grossier de ne point répondre. Cependant, on s’y fait très vite, et briser la glace devient ainsi un jeu d’enfant.

George Street

Pour se dire bonjour, d’ailleurs, point de bise. Un geste de la main suffit. Ou parfois, on se la serre, mais ce n’est pas un comportement que l’on observe fréquemment autour de nous. Du coup, lorsqu’on me serre la main, j’ai toujours le doute à savoir si c’est l’australien qui se paye un peu de folklore européen ou si c’est un geste spontané. Mystère. Entre garçon et fille, même constat, sauf lorsque les personnes sont particulièrement proches, ils s’adonnent alors à une accolade, le « hug », avec une petite bise volée dans le mouvement. La bise est généralement déposée sur la joue, mais il arrive qu’elle dérape et atterrisse dans le cou, signe que le degré d’intimité est vraiment élevé.

George Street

Ici, les gens sourient. Oui, ça peut paraître niais mais ce n’est pas si idiot que ça. En France, quand deux inconnus se croisent dans la rue, au mieux, ils s’ignorent, ou ils se mettent sur la défensive… genre « qu’est-ce qu’il me veut celui là ? »… quand ce n’est pas carrément une confrontation de regard pour savoir qui a le plus de testostérone dans les veines. Ici, quand on croise un regard, la personne sourit. C’est tout bête mais ça rend la vie tellement plus agréable. Tout le monde dit « Please » et « Thank you so much ». Et bien entendu « No worries » à toutes les sauces. Les rapports humains n’en sont que plus adoucis. Bon, évidemment, cette politesse s’évapore à l’instant même où le Sydneysider se place derrière le volant de sa grosse berline, cela va de soit.

George Street

George Street

La politesse est palpable chez les professionnels. Quand on rentre dans un magasin, une agence, un bureau, les gens prennent le temps de vous écouter, de vous conseiller, de vous offrir un service digne de ce nom. On aurait pu croire que le capitalisme débridant la concurrence aurait eu raison de ce relationnel, mais c’est en fait le contraire qui se produit. Et c’est une fois encore très agréable quand on en bénéficie. On ne peut oublier cette assistante de Manpower, croisée sur le pas de l’ascenseur, qui nous a installé à son bureau et fait passer un entretien alors que l’agence venait de fermer et que tout le personnel avait quitté les lieux. Une bonne leçon de professionnalisme, ni plus ni moins. On imagine facilement ce qu’il se produirait si deux australiens se pointaient à une agence française à l’heure de la fermeture…

George Street

Ce côté souriant et toujours poli a son revers : un manqué de sincérité. Même si nous n’en avons pas encore été témoins, il semblerait que le Sydneysider, sous le couvert d’une humeur joviale et complice, puisse dissimuler des pensées pas toujours aussi positives. Là encore, au travail, il semblerait qu’après une faute, votre manager ne vous sanctionnerait que par une tape amicale dans le dos, accompagné d’un « That’s alright mate, no worries ». Et le lendemain, vos affaires sont dans un carton.

George Street

George Street

L’australien porte haut dans son cœur ses « mates ». Une famille de potes avec laquelle il essaye de passer le plus de temps possible. Ils font du sport ensemble, et juste après le footing, leur activité favorite reste de loin le levé de coude. Une retransmission de match de cricket ou de rugby « Aussie Rules », une soirée spéciale organisée dans un pub… toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver au comptoir et descendre des bières jusqu’au petit matin. Le sydneysider a un gros penchant pour l’alcool et ce n’est pas pour rien que le gouvernement du New South Wales combat si férocement les dérapages liés à l’ivresse.

Bondi Beach

Bondi Beach

Mais pas de « hung-over » qui empêcherait de se lever aux aurores. Même avec quelques heures de sommeil, et autant de grammes d’alcool encore dans le sang, ils vont se purger en foulant les chemins du parc jusqu’à retrouver leur pleine forme. Et c’est un rythme qu’ils tiennent depuis fort longtemps. Un entrainement de champion.

Bondi Beach

Bondi Beach

Enfin, cette extravagance est essentiellement l’apanage des australiens d’origine européenne. Parce que s’il est vrai que Sydney a été colonisé par les anglais il y a un peu plus de deux siècles, la ville a aussi était prise d’assaut par les asiatiques il y a de ça quelques décennies seulement. Et il faut saluer la clémence et le respect dont ils ont fait preuve vis-à-vis des autochtones lors de la prise du territoire. Eh oui étant donné que, eux, n’ont pas exigé des colonisés qu’ils soient parqués dans des réserves, qu’ils changent de langue et de religion, ou encore qu’on leur vole leurs enfants pour favoriser leur conversion !

Bondi Beach

Plaisanterie mise à part, il est vrai que les communautés asiatiques sont très présentes dans la City. Essentiellement chinoises et coréennes, elles sont l’héritage des vagues d’immigration massive qui ont vues le jour en Australie dans le début des années 80 (40% des migrants venaient d’Asie, ils représentaient alors jusqu’à 5% de la population australienne). L’intégration et le mélange de ses populations se sont fait sans heurt, mais il faut souligner que l’assimilation n’est pas tout à fait homogène.

Bondi Beach

Bondi Beach

En se baladant des les rues de la ville, en entrant dans les magasins ou les restaurants, on se rend vite compte que la population peut se scinder en deux groupes assez distincts pour une ville qui se veut être l’illustration du melting-pot : d’un côté les australiens ayant un background européen, de l’autre ceux ayant un background asiatique. Tout le monde vit ensemble, certes, mais malgré plusieurs générations, les affinités continuent de se faire majoritairement avec leurs semblables. Il en résulte des quartiers peuplés essentiellement d’asiatiques, tout comme des boutiques, des cafés, les bureaux d’une entreprise… et d’autres plus européens. En passant d’une rue à l’autre, on peut donc avoir l’impression de voyager en quelques mètres de Manhattan à Hong-Kong.

Bondi Beach

Au sein de chaque communauté, la diversité est toujours aussi développée. On retrouve, dans l’une comme dans l’autre, les timides, les discrets, les branchés, les sophistiqués, les négligés, les provocants, les délurés, ceux qui se cherchent et ceux qui se sont trouvés. Et bien entendu, le plus beau est d’observer les ponts qui se sont hissés entre ces deux grands ensembles, quand les couples mélangent leurs racines, quand il est européen et elle est asiatique, et inversement. Ces parents à l’aube de générations métisses qui feront l’avenir d’une nouvelle Australie.

27
mar
09

I’m a Man in Black

Eh oui, j’ai un nouveau travail ! Bon, je vais éviter le comique de répétition et couper court au suspens : ce n’est pas un boulot dans l’informatique. Non, c’est un travail dans l’hospitality comme on dit ici. Serveur quoi. Si j’ai eu cette place, c’est grâce à Estelle qui a parlé de moi à son patron, Jerry, lui disant que je n’arrivais pas à trouver de travail. Apparemment, ça tombait à pic puisqu’il recherchait un serveur pour le restaurant Ciné qui jouxte Ablaze. En quelques minutes, le rendez-vous pour l’entretien était fixé.

Cine Restaurant

Cine Restaurant

Histoire d’être prêt et d’être en accord avec ce qu’il y a d’écrit sur mon CV, je suis allé au Frame’s Café pour ma séance de préparation pratique, comme l’avait fait Estelle. Décidemment, cet endroit devrait diversifier son activité et développer une branche formation de serveurs. Enfin, la mienne était différente puisque je n’ai pas servi les clients mais appris à utiliser la machine à café. David m’a aussi montré comment tenir trois assiettes. Le B-A-BA était assimilé, j’étais fin prêt.

Cine Restaurant

Je suis donc allé en début d’après-midi au Fox Studios et j’ai rencontré Jerry. Un jeune homme très gentil, qui gère les deux restaurants et qui m’a expliqué qu’il recherchait un serveur pour Ciné assez rapidement. Etant disponible tout de suite, il m’a annoncé que j’avais un essai dès le lendemain. Je serais payé 12$ de l’heure pour commencer, puis je pourrais évoluer jusqu’à 15 $ de l’heure en fonction de mon efficacité au travail. Et plus je serais efficace, plus j’aurais de shifts (un shift étant une période de travail). D’ailleurs, Estelle vient de passer à 13 $ de l’heure et travaille maintenant entre 5 et 6 jours par semaine. Jerry m’a ensuite présenté le restaurant Ciné, en m’expliquant la disposition du restaurant, la logique des numéros des tables. Puis il m’a donné le menu et la carte des boissons pour que j’y jette un œil une fois à la maison, en m’informant que je serai demain un food runner, c’est-à-dire celui qui se charge d’apporter les plats depuis la cuisine vers les tables des clients.

Anupan - Manager

Anupan - Manager

Une fois de retour au Park Lodge, c’est Estelle qui s’est chargée de ma formation. Elle m’a tout simplement tout appris. Comment on prend un commande auprès des clients, comment on s’authentifie sur les ordinateurs du restaurant, comment on enregistre la commande dans le système, quand est-ce que l’on change les couverts, les formules d’usage, comment servir, comment débarasser… J’ai bu ses paroles et j’ai ainsi bénéficié d’un mois de retour d’expérience. J’avais l’impression de connaître les rouages de ce travail alors que je ne l’avais pas encore commencé.

Cine Restaurant

Ensuite, elle est partie travaillée. Je me suis donc retrouvé nez-à-nez avec les menus. L’heure était alors à l’apprentissage du nom des plats. Ciné est un restaurant italien. On y sert des pizzas, des pattes, des risottos et des plats continentaux. Penne Boscaiola, Puttanesca, Risotto Gamberesi, Pizza Salsicce, Frutti di mare…. J’ai répété et répété ces noms pour me les approprier et faire en sorte de pouvoir les annoncer aux clients le lendemain.

Cine Restaurant

L’heure est venue. Tout de noir vêtu (tous les serveurs en Australie sont habillés en noir de la tête au pied), je suis allé à 17h chez Ciné. C’est Anupan, le manager du restaurant, qui m’a accueilli. Il m’a expliqué ce qu’Estelle m’avait déjà appris. J’en arrivais même à finir ses phrases. J’étais fin prêt.

Cine Restaurant

On m’a présenté le reste de l’équipe : Assia (française), A J (turque), Julia (anglaise), Glen le chef cuisinier (écossais), Mick, Jordan, Eugene (prononcé Youdjin, forcément), Suresh et Garry (australien). Tous ces australiens en question, à part Mick, sont d’origine asiatique (coréens ou chinois). Une chose est sure : ma taille a été un excellent thème pour briser la glace. Tour à tour, chacun y allait de son commentaire, sa surprise, sa difficulté à y croire… Cette espèce de « bizutage » me convenait parfaitement, faisant très rapidement tomber toute espèce de pression liée à l’essai que je passais.

Oui, sur la photo, on dirait que les assiettes penchent... mais no worries, tout est sous contrôle !!!

Ce vendredi soir a été une soirée assez calme pour le restaurant. Parfaite pour une initiation au travail. J’ai mis en pratique calmement tout ce que j’avais appris. Porter le plateau ou trois assiettes s’est fait sans heurt. Je me suis même permis de sortir du cadre de mon poste de food runner puisque j’ai pris des commandes, servi des boissons… Et au final, j’ai adoré ce boulot. Enfin un travail incluant un contact constant avec les gens, qui sont, pour la très grandes majorités, polis, souriants et généreux. En plus, l’équipe est vraiment sympa, aussi bien les autres serveurs, ceux en cuisine que les managers. Je n’ai pas regretté une seconde la construction ou la fête foraine. Et puis, à peine le service fini, j’ai retrouvé Estelle qui travaille à 10 mètres de moi. PAR-FAIT.

Anupan et Jerry avaient l’air eux aussi satisfait de cet essai. Et ils m’ont demandé de revenir le lendemain. Voilà, c’était officiel, j’étais un des Men in Black. Yes !

26
mar
09

Goodbye Harry

Notre ami Guillaume, mondialement connu sous le nom de Harry, a décidé de s’en aller ce jeudi 26 mars 2009. Rien ne laisser présager un passage à l’acte aussi brutal, aussi soudain. Personne ne l’a vu venir. Et la nouvelle a ouvert dans le cœur de tous ses proches une brèche où les papillons noirs se sont engouffrés. Mais c’était son choix, et nous devons l’accepter. En espérant de tout cœur qu’il ait enfin trouvé la paix.

Ce voyage en Australie n’est pas qu’une succession de découvertes éblouissantes et de moments festifs. Le ciel, ici aussi, se peuple parfois de nuages lourds. Peut-être un peu plus encore quand on ressent cette impuissance que la distance nous impose, alors qu’on aimerait tant être ce soutien que nos proches attendent.

Voilà pourquoi nous souhaitions intégrer au carnet de voyage un dernier au revoir à Harry. A notre ami qui nous manque. Et remercier Alex et Cédric pour avoir mené de front tous ces événements dans un moment aussi difficile.

harry_memo

J’ai eu peur hier et j’ai voulu croire que ce n’était pas possible,
J’ai fait une prière pour que de la faucheuse tu ne deviennes pas la cible.
La vie a du être injuste pour que tu penses à y mettre un terme,
Sous ton masque égaillé, les drapeaux étaient déjà en berne.

Pour chacun des souvenirs partagés depuis que l’on se connait,
Une larme perle à mes yeux et coule sur ma joue.
Ce n’est certainement pas ce que tu aurais souhaité,
Mais tu devais te douter que tu faisais partie de nous.

Ta décision était prise et les raisons de ce choix t’appartiennent,
Un grand vide tu as ouvert et cette blessure est la mienne.
Tu as si souvent était présent que la moindre des choses que je te promets,
C’est de te garder au fond de mon cœur et de ne jamais t’oublier.

A mon pote Harry que j’aime,
Zag.

24
mar
09

Overwhelming day in Manly

Depuis le temps que l’on entendait parler de ce petit coin charmant, situé au Nord Est du centre ville, il étant temps que l’on s’y rende. On y accède par un ferry qui traverse toute la baie de Sydney, ce qui ne gâche rien. Et étant donné que la journée s’annonce belle et ensoleillée, ne perdons pas une minute pour aller vérifier si Manly est à la hauteur de sa réputation.

Phillip Street

Phillip Street

Le meilleur moyen de se déplacer à Sydney reste définitivement la marche à pied. Au-delà de l’exercice physique salvateur – étant données les dimensions de la ville – il s’agit surtout de pouvoir apprécier encore et encore les contrastes de ses rues. Nous partons donc pour 40 minutes de traversée, direction Circular Quay.

Opera

Pour 6,80 $, le ferry nous emmène vers un point de vue encore inédit : situé entre l’Harbour Bridge sur la gauche, l’Opéra sur la droite, et le Central Business District dans le dos. Ne serait-ce que ce panorama amorti déjà une partie du tarif. La balade se poursuit le long des côtes de la baie, permettant d’apprécier les différents niveaux de fortunes de ceux qui y ont élu domicile. Sans voir le temps passer, nous voilà arrivés.

Manly Harbour

Manly Harbour

Le quartier de Manly est effectivement très pittoresque. Une petite ville balnéaire fleurie de grands palmiers et de bâtiments qui n’osent pas les dépasser. Les façades arborent une fois de plus l’architecture victorienne. Point de foule ni de nuisance sonore, il règne ici une atmosphère calme et détendue, tout à fait à l’image des surfeurs qui ont fait de Manly leur lieu de prédilection.

Manly

La plage principale de Manly est une vaste hanse où viennent s’échouer les longs rouleaux de l’Océan. Le vent qui les souffle mêle aux embruns les grains de sable et vient rendre flou les visions lointaines. Point de détail visible au bout de la plage, juste un voile orangé qui se déplace sur le sol. Peut-être est-ce lui qui dissuade les attroupements des baigneurs et de leur serviette. Peut-être est-ce Manly qui est tout simplement un endroit épargné par la surpopulation…

Manly Beach

Manly Beach

Manly Beach

Ou peut-être est-ce parce que la plage de Manly est tourmentée par de forts courants, empêchant de se baigner loin du bord mais permettant aux surfeurs de faire étal de leurs prouesses. Les life-guards sont là pour surveiller que l’on ne s’éloigne pas trop et usent de leur sifflet strident pour vous rappeler à l’ordre. Attention, on ne plaisante pas avec l’océan.

Manly Beach

Les vagues se lèvent d’un bon et viennent se refermer en créant un tube d’eau turquoise. Parfois brouillon, la vague semble feinter les novices pour mieux les attraper dans ses remous et leur faire boire la tasse. Parfois sublime, elle offre le terrain rêvé pour une glisse pure en son creux et une montée d’adrénaline qui durera sur toute sa longueur.

Manly Beach

Manly Beach

Manly Beach

Manly Beach

Manly Beach

Manly Beach

La journée a défilé sans que l’on s’en rende compte. Une grande balade à pied permet de longer les côtes de Manly par le sud et de se rapprocher du centre ville. Mais il est déjà trop tard pour que l’on se lance dans cette randonnée. Après réflexion, nous choisissons la sage décision : reprendre le ferry et rentrer à Sydney par les voies maritimes. Une fois de plus, notre sagesse sera récompensée… et pas qu’un peu !

Manly Beach

Nous embarquons sur le ferry de 19h, des images plein la tête, naïvement persuadés que l’on avait eu notre lot d’éblouissement pour la journée. C’était sans compter le cadeau d’adieu de notre astre solaire qui attira notre attention en jouant sur la colline sud de Manly.

On the ferry from Manly

Le ferry a quitté le quai et le soleil joueur l’a suivi, s’amusant derrière les arbres à lancer ses rayons jaunes, oranges, roses et rouges aux nuages endormis. Tout le monde sur le pont était captivé. Son numéro semblait aussi réglé que du papier à musique. Et c’est dans le silence de l’océan que l’on en appréciait les lumières.

On the ferry from Manly

On the ferry from Manly

Mais comme tout grand spectacle, l’attention du spectateur doit être judicieusement stimulée. Il faut l’accrocher, l’attiser et se jouer d’un suspens en allant crescendo. Le soleil continuait donc sa course à nos côtés, préparant en secret son bouquet final. Il en avait déjà le sourire aux lèvres, sachant son effet garanti. Et pour cause, il est parti inonder le ciel de Sydney de ses plus belles couleurs. La chaleur des lumières s’est étendue de l’Harbour Bridge jusqu’à la SkyLine. Une carte postale s’étirait sous nos yeux ébahit. Nous étions en train de vivre un instant magique. Lui riait et nous, nous avions le souffle coupé.

Sunset on the Harbour Bridge

Sunset on the Harbour Bridge

Comme les grands princes, il a tiré sa révérence sur cette grande victoire, choisissant le pont le plus large du monde comme point de fuite. Les spectateurs en aurait presque applaudit la performance.

Sunset on the Harbour Bridge

Sydney a alors pris la relève en illuminant ses buildings de mille lumières. Bien pale prestation artificielle, ne pouvant rivaliser avec l’étoile des étoiles. Mais l’effort est à saluer, ne devenons pas trop exigeant.

Sydney City

Et sur le chemin du retour, pédestre, une fois de plus, c’est un opossum que l’on croisera. Il traversera la route pour aller dans un des arbres centenaires de Hyde Park. Peu farouche, tellement habitué au passant, il prendra même la pause pour se faire photographier.

Opossum

Opossum

Cette ville est décidemment un spectacle unique de tous les jours. Vivement la prochaine représentation.

22
mar
09

What about life in Sydney?

Après avoir quasiment passé deux mois dans la ville la plus peuplée d’Australie, il est temps de faire le point sur ce qu’est la vie à Sydney. Nous allons commencer par une vue d’ensemble, puis, dans des articles plus spécifiques, nous regarderons en détail les habitants de la ville, leurs bars et restaurants, ainsi que leurs moyens de transport. Alors, pour les grandes lignes, c’est parti.

Sydney Center

Sydney Center

Sydney, c’est presque 4,5 millions d’habitants, soit 21% de la population Australienne. Une ville extrêmement cosmopolite qui ne reflète pas forcément ce qu’il y a de plus typique dans le pays. Ce pays qui est réputé pour vivre à un rythme calme et reposant, où les habitants consacrent davantage de temps à leurs loisirs qu’à leur vie professionnelle, où l’on commence le travail assez tard le matin et où l’on finit tôt dans l’après-midi. Bref, tout ce que l’on dit sur les autres villes d’Australie ne correspond pas tout à fait à Sydney.

Boulangerie

Boulangerie

Oui, ici, on bosse, et même on bosse dur (enfin, quand la crise économique ne met pas les gens au chômage), après, on boit dans un bar avec les copains jusqu’à ce que le serveur refuse la dernière tournée et puis on se couche. Le matin, pas de grasse matinée ou d’excuse pour ne pas aller travailler. Non, on se lève tôt, on va courir dans le parc, une douche et on retourne bosser. Ca, c’est le rythme de Sydney. Pour le footing, on a l’embarra du choix, il y a des immenses parcs aux pelouses sublimes absolument partout dans la ville. Tous sont très différents, certains ont des plans d’eau, d’autres des infrastructures sportives… ils ont donc tous leur propre charme et rendent la ville encore plus belle. Concernant l’emploi, dans ce contexte de crise, les chiffres du chômage ont quasiment doublés. C’est tout simplement catastrophique. Les patrons ont donc décidé d’être solidaires avec leurs concitoyens, c’est pourquoi il est très fréquent de voir mentionné au bas des offres d’emploi « Citizen Only ». La préférence nationale pour ne pas que l’étranger vole les emplois. Vous avez dit discrimination ?

Coles - Rayon boulangerie

Coles - Rayon boulangerie

Ce qui nous a frappés lors des premiers jours, ce sont les facilités administratives. En France, nous sommes habitués aux rouages sans fins de la paperasse, institués volontairement pour limiter la fraude. Ici, tout se fait rapidement, ou presque. L’ouverture d’un compte en banque ne nécessite pas douze justificatifs de domicile, un certificat approuvé du maire de la filiation familiale, des feuilles de paie sur les quatorze derniers mois… Non, juste une pièce d’identité. Pour louer un appartement ? Aussi une pièce d’identité et une carte bancaire. Bref, bien des démarches sont très simplifiées et ne demandent que très peu de temps.

Coles - Rayon Fruits et Légumes

Coles - Rayon Fruits et Légumes

D’ailleurs, en parlant de location, ici, la poste fait beaucoup de choses. Elle n’est pas jaune comme chez nous, mais rouge. Elle s’occupe bien entendu de tout ce qui est courrier, colis, envois et réceptions. Mais elle s’occupe aussi des paiements de loyer. Le propriétaire de l’appartement que vous louez vous remet une carte magnétique, qui vous permet, depuis n’importe quel bureau de poste du pays, d’aller payer votre loyer, en liquide ou en carte bancaire. Et la poste à même un site Internet vous permettant de payer votre loyer en ligne. Enfin, n’importe quel bureau de poste peut aussi vous permettre de payer vos contraventions (excès de vitesse, stationnement interdit…). Qui a dit qu’il n’y avait pas écrit La Poste ici ?

Liquor shop

Liquor shop

Parlons un petit peu de ce qui fait graviter les sociétés occidentales, et peut être encore davantage les sociétés anglo-saxonnes : la consommation. Par exemple, l’alcool. Ce dernier n’est vendu qu’aux personnes âgées de plus de 18 ans. Et l’alcool ne peut être acheté qu’au sein d’un Liquor Shop : un magasin spécifique qui est agréé par l’Etat et qui peut proposer des boissons alcoolisées. Impossible donc de trouver ne serait-ce qu’une bière dans un supermarché ou une bouteille de vin dans un magasin de quartier ouvert 24 heures sur 24. Pas une goutte d’alcool n’est distillée en dehors du magasin prévu à cet effet.

Pharmacie

Pharmacie

On trouve ici des pharmacies, mais qui ont généralement étendus leur domaine d’activité. En France, on peut parfois y passer un fax ou faire une photocopie. Ici, on peut aussi acheter des vêtements, des bonbons (pas forcément agréé par l’union nationale pour la santé bucco-dentaire), des parapluies, des chapeaux, des gadgets pour les enfants… L’absence de sécurité sociale rendrait-elle le business d’une pharmacie moins prolifique ?

Pharmacie

Pharmacie

Du coup, c’est vrai qu’on retrouve pas mal de médicaments au supermarché. L’équivalent de Carrefour ici s’appelle Coles. Il en existe de différentes tailles, selon l’agglomération où l’on se trouve, mais de manière générale, il y en a toujours un dans les alentours. Et on n’y trouve pas que de la Vitamine C et du Synthol. Le premier réflexe étant l’automédication, on peut aller à son supermarché pour acheter du Doliprane, de l’Advil, du Nurofen, des médicaments pour le rhume, la toux, la grippe, l’otite, la cystite, les douleurs intestinales, musculaires, articulaires… La panoplie complète pour soigner tout et n’importe quoi.

Coles - Rayon Pharmacie

Coles - Rayon Pharmacie

Le label d’agriculture biologique s’appelle ici Organic, et même s’il semble bien moins complexe à obtenir que celui de chez nous, il est toujours plus rassurant que les autres produits. On trouve donc du lait bio, des shampoings bio, des lessives bio… Et ça, c’est top ! Les supermarchés vendent bien entendu des fruits et légumes (mais très peu voire pas du tout de bio). Et leurs prix fluctuent comme celui du pétrole. Un jour, on a les tomates à 2,5 $ le kilo, le lendemain, il passe à 4,9 $. Serions-nous victime de spéculateurs sur les tomates ?

Coles - Rayons Fruits et Légumes

Coles - Rayons Fruits et Légumes

Inutile de vous approcher du rayon des fromages, frais ou empaquetés. Les bons sont hors de prix et ceux qui sont abordables n’ont strictement aucun goût. Tout comme le pain d’ailleurs, qui ici est pour la grande majorité du pain de mie, dénué de toute saveur. On mâche un aliment dont la texture s’apparenterait effectivement à du pain, mais laissant nos papilles gustatives en sommeil profond. La seule alternative est le pain complet, mais il ne remplace pas la baguette, le pain à l’ancienne le pain aux six céréales… et tous ces bons produits dont les français ont la primeur. On trouve aussi des croissants, mais ils sont fait qu’avec peu de beurre est sont donc fades, eux aussi.

Coles - Rayon Fromages

Coles - Rayon Fromages

Le pire des affronts est celui de la mayonnaise. On aurait du exiger une origine d’appellation contrôlée comme cela a été fait pour le Champagne ou le Cognac. D’ailleurs, ne pouvant pas appeler leur vin « Champagne », ils appellent leur production ici Sparkling Vine. Mais revenons à cette mayonnaise, qui est d’un jaune fluorescent assez peu appétissant. Et surtout, qui est sucrée ! Eh oui, toutes les sauces sont sucrées ici, alors la mayonnaise n’y échappe pas. Et vous avez beau changer de marque, changer de restaurant, le constat est toujours le même : beurk. Pour vous dire à quel point tout est sucré, ils étalent même de la sauce barbecue au dessous des pizzas. Faut le faire ! Et puis, sur beaucoup de leurs pizzas, ils mettent des morceaux d’ananas, alors…

Petit clin d'oeil à un amateur du genre

Petit clin d'oeil à un amateur du genre

Quand on arrive à la caisse d’un supermarché, c’est le caissier qui range méticuleusement vos courses dans les sacs… ou dans vos sacs, si vous êtes sensibilisé au sujet du Global Warming et que vous faites un geste pour l’environnement. Quand on paye par carte bancaire, le caissier vous demandera systématiquement « Any cash out ? ». Oui, parce que vous pouvez retirer de l’argent à la caisse, il vous suffit de lui préciser le montant, il l’ajoute au total, et vous donne la différence en liquide.

Prise de courant australienne

Prise de courant australienne

Enfin, les petits détails du logement à Sydney. Uniquement les logements très récents disposent de mitigeurs. En effet, la grande majorité ne dispose que des robinets avec le réglage séparé de l’eau chaude et de l’eau froide. Ou, encore pire, deux robinets distincts – et c’est notre cas dans tous les logements qu’on a eu depuis notre arrivée – dans le lavabo, un pour l’eau chaude et un pour l’eau froide. Donc si vous voulez de l’eau tiède, ben vous pouvez vous brosser. Autre détail, toutes les prises électriques murales, et ça, c’est valable pour les vieilles mansardes comme pour les tous nouveaux appartements, disposent d’un interrupteur, pour pouvoir activer ou désactiver la prise. Concernant la forme de la prise, elle ressemble à une prise américaine qu’on aurait un peu tordue.

Voilà, c’est tout pour les généralités. La suite arrive prochainement, patience !

19
mar
09

Sunset over Sydney Skyline

Une lueur toute particulière éclairait le ciel de cette fin de journée. Elle attira mon attention alors que je descendais l’escalier. Mon esprit pourtant ailleurs fut ramené à la réalité par cette couleur rose et ces reflets orangés, qui transformaient alors la banale fenêtre en un cadre pour une toile de maître. Sans vraiment chercher à en savoir plus, j’ai tourné les talons pour regagner la chambre et empoigner le sac photo. Dans le même élan, j’ai dévalé les escaliers et couru jusqu’à la butte de Moore Park, en face du Park Lodge. De là haut, on a une jolie vue du cœur de Sydney. Et ce soir là, on y voyait aussi le balai d’adieu d’un brûlant soleil d’automne.

Sunset over Sydney Skyline

19
mar
09

Reading Mot’Mot’ even here down under

En rentrant de notre petite excursion à Melbourne, là, sur la table du salon de Park Lodge, une grande enveloppe marron m’attendait. Du fait de nos quatre jours d’absence, elle avait fini par titiller la curiosité de bien des locataires. D’ailleurs, je n’ai même pas eu l’occasion de voir qu’elle était sur cette table, puisqu’à peine quelques minutes après être rentré, on est venu me l’apporter. Comme si le suspens avait assez duré et qu’il était grand temps que je lève le voile sur le mystère de l’enveloppe marron. Ainsi, on me l’a tendue et j’ai du l’ouvrir devant quelques paires d’yeux internationaux, impatients de connaître le dénouement.

Il s’agissait d’un envoi spontané et secret de mon ami David, qui, me connaissant, se doutait que mon manque de moto n’avait pas du être complètement apaisé par la richesse des découvertes de l’Australie. Et il avait vu juste. Pas un jour ne passe sans que je ne lorgne sur les montures qui circulent dans les rues de Sydney, sans que je me demande ce que doivent être les sensations sur ces routes sinueuses qui pullulent à la périphérie de la ville… Et vous pouvez donc imaginer ma tête de gamin émerveillé quand j’ai sorti, de cette fameuse enveloppe marron, les deux derniers numéros de mon mag’ préféré « Moto et Motards » !

Scrat Mot'Mot'

Un grand merci à David pour cette adorable attention, c’était tout à fait inattendu et donc d’autant plus touchant. Je vais essayer de ne pas les dévorer en quelques heures, comme j’avais l’habitude de le faire lors de mes déplacements professionnels, parce que ceux là, il faut les faire durer. Et, comme à l’habitué, je ne manquerai pas d’émettre quelques critiques, certainement biaisées cette fois, sur la prose du Droonik et sur ses figures de style. Encore merci et des bises à tous !

18
mar
09

A quick tour in Melbourne

La deuxième ville la plus peuplée d’Australie mérite bien plus d’une journée pour pouvoir en apprécier toutes les saveurs. Mais heureusement, notre visite allait être optimisée par nos deux guides touristiques éclairés, Andréa et Pierre, qui allait mettre à profit ces quelques heures pour nous permettre de sillonner la ville et voir l’essentiel.

Fritzroy Street

Fritzroy Street

Nous nous éloignons de la baie de Port Philip par le tram n°16 qui nous rapproche du centre ville. Juste assez près pour pouvoir apprécier la vue extérieure de ses buildings. Leur taille est plus modeste que celle des bâtiments de Sydney, ce qui rend la ville plus humaine, moins oppressante. Classée plusieurs fois première au classement des villes les plus faciles à vivre au monde, on comprendra au fur et à mesure de notre visite que ces distinctions étaient amplement méritées.

Andrea, Estelle & Sue

Andrea, Estelle & Sue

Notre premier arrêt se fera au Melbourne Arts Center et son mur de verre sur lequel ruisselle une pellicule d’eau. Il s’y tenait une exposition sur la famille Bugatti, dont on apprendra qu’elle n’était pas prodigieuse que dans ses créations automobiles. Le mur de l’entrée fut une véritable attraction pour les appareils photos. Mais l’heure tournait et il nous restait tellement à voir que l’on a repris la route.

Pierre, Me & Colm

Pierre, Me & Colm

Melbourne Arts Centre

Melbourne Arts Centre

La capitale de l’Etat de Victoria suit les aléas du climat océanique, et l’on dit ici que l’on peut avoir les quatre saisons en une seule journée. Il a fait un froid de canard lundi, quand nous sommes descendus de l’avion. Hier, le temps était assez changeant et les températures tièdes. Aujourd’hui, il fait un temps magnifique et la chaleur accompagne notre la visite.

Arts Centre Spire

Arts Centre Spire

Nous traversons la Yarra River par le pont de Saint Kilda Road, duquel nous pouvons apprécier la carte postale des buildings mêlés à la gare Flinders Street Station et son style victorien. Son entre est une bouche aux passages incessants de voyageurs. Juste au dessus de leur tête se trouvent les pendules indiquant le départ des prochains trains qui la traversent.

Melbourne

Melbourne

Nous entrons dans la ville, en appréciant que la taille des bâtiments ne nous plonge pas dans une obscurité urbaine comme c’est le cas lorsqu’on se faufile au milieu des gratte-ciels d’une mégalopole. L’architecture est contrastée, entre le victorien d’une part et le contemporain de l’autre. Mais les deux arrivent à cohabiter, le premier apaisant le côté froid et rigide du second.

Melbourne

Melbourne

Melbourne

Les axes de la ville sont tous recouverts des longueurs de câbles superposés aux rails des trams. Une toile qui s’étend dans les airs et qui parasitent la vision des hauteurs. Mais les véhicules qui s’en servent, tantôt modernes et profilés, tantôt authentiques aux allures boisées, participent à part entière au charme de Melbourne.

Melbourne

Lead Pipe and Shot Factory

Lead Pipe and Shot Factory

Parliament of Victoria

Parliament of Victoria

Melbourne

La visite se poursuivra par de la verdure, par les Royal Botanic Gardens. Ceux de Melbourne souffrent davantage de la sécheresse que ceux de Sydney. Les étendues de pelouses prennent des teintes orangées, le niveau d’eau des lacs perde de la hauteur. Mais les parcs n’en perdent pas pour autant leur intérêt et la vie y est toujours aussi diversifiée.

Melbourne Royal Botanic Gardens

Melbourne Royal Botanic Gardens

Melbourne Royal Botanic Gardens

Pour clôturer la visite, nous passerons au mémorial Shrine of Rememberance, érigé à la mémoire des soldats du Victoria ayant combattu lors de la première guerre mondiale, et servant depuis à la mémoire de ceux ayant perdu la vie dans les conflits où l’Australie est intervenue.

Shrine of Rememberance

Shrine of Rememberance

Une fois de retour à Saint Kilda, nous avons voulu remercier nos hôtes pour leur accueil chaleureux et leur hospitalité. Nous sommes allés faire quelques courses et Estelle a préparé un délicieux repas, baptisé Red Curry Boobs Chicken : poulet au lait de coco accompagné de riz et de légumes sautés. Pierre et Andréa ont apporté les bouteilles de vin et les bières. Colm, Edel et Sue étaient aux anges. Je pense que nous avons été à la réputation des aptitudes gastronomiques françaises. Et notre séjour s’est terminé de la meilleure des manières possibles.

Red Curry Boobs Chicken

Red Curry Boobs Chicken

17
mar
09

Paddy’s Day in Melbourne

Célébrer la Saint Patrick devait se faire avec des irlandais. Oui parce que ce Patrick – Paddy étant le diminutif de ce prénom – en question est l’évangélisateur de l’Irlande, celui qui a apporté le christianisme aux irlandais. Et étant donné la brûlante histoire qui unit, et défait, l’Irlande et l’Angleterre depuis des siècles, on peut facilement supposer de toute l’affection que porte l’ensemble du peuple irlandais à cette fête, célébrée le 17 mars. Colm nous en contera l’histoire et nous boirons ses paroles.

Franco-Irish Breakfast

Franco-Irish Breakfast

La vie de Patrick remonte à l’époque du quatrième siècle. Né en Pays de Galles et fils de diacre, il sera enlevé par des pirates irlandais à l’âge de seize ans et vendu comme esclave. Pendant sa captivité, il rencontrera Dieu, et deviendra chrétien. Ecoutant la parole divine, il s’échappera et deviendra prêtre en France. Vingt ans plus tard, toujours guidé par la voix céleste, il se rendra en Irlande qu’il sillonnera en prêchant, enseignant, construisant des églises, des monastères et des écoles. Lors d’un sermon, il montrera une feuille de trèfle et la déclarera comme figure de la Trinité sainte, et le trèfle deviendra le symbole de l’Irlande.

Celtic Scrat & his new buddy Sony

Celtic Scrat & his new buddy Sony

Comme dirait Colm, la légende raconte qu’en haut du Rock de Cashel, Patrick frappa le sol de son bâton et chassa tous les serpents du pays, le serpent représentant les envoyés du diable, et donc, les anglais. Enfin, c’est l’appréciation de la métaphore par Colm, ça n’engage que lui. Enfin, le récit de cette belle histoire s’est passé autour d’un petit déjeuner franco-irlandais : nous sommes allés chercher jus d’orange, croissants et confiture, ils nous ont préparé l’irish breakfast, avec les œufs, le bacon, les haricots en sauce tomate. Au final, un festin.

Irish flags on the back

Puis est venu le moment des préparations vestimentaires. On se doit de s’habiller en vert pour Paddy’s Day, c’est la règle. Colm ne quitte jamais le territoire sans l’ensemble de ses maillots de football de l’équipe des Celtics, ni de ses drapeaux. Il a pu donc habiller toute la tribu avant que l’on ne quitte l’appartement. Colm prendra le drapeau du pays, je prendrais celui du CFC, le club de football irlandais jouant en championnat d’Ecosse (tout un symbole) auquel est associé l’un des publics les plus fairplays, si ce n’est le plus fairplay, du monde.

The Esplanade

The Esplanade

Vers 15h, nous voilà partis dans Saint Kilda, longeant le bord de mer en empruntant The Esplanade, tout de vert vêtus. Notre premier arrêt se fera vers Acland Street, une rue peuplée de nombreux bars et petits magasins, histoire de procéder au premier tintement de verre du Paddy’s Day.

Acland Street

Le moyen de locomotion le plus répandu à Melbourne est le tram. Il en existe de différentes sortes, des plus modernes aux plus rustiques, et certains sont mêmes gratuits. Ils sillonnent la ville et ajoute une touche de charme incontestable.

Bus station

Le tram nous emmènera vers Chapel Street, une rue qui longe l’Est de Melbourne, avant de devenir Church Street. Un endroit particulièrement de circonstance pour célébrer une fête chrétienne, isn’t it?

Chapel Street

Chapel Street

Sur Chapel Street se trouve le pub irlandais Bridie O’Reilly’s, qui ne cessera de se remplir au fil de la journée, pour devenir un endroit surpeuplé une fois le soleil couché. Un brouhaha à peine tenable a fini par envahir les lieux. La musique s’est donc faite plus forte, pour couvrir les voix et unir chacun des petits groupes en un seul mouvement de foule. Les chansons irlandaises furent reprises en cœur, bras dessus, bras dessous, pour qu’à Melbourne comme partout dans le monde, ceux qui fêtent la Saint Patrick symbolisent l’unité.

Bridie O'Reilly's

Bridie O'Reilly's

Dans ce même pub, nous réussirons à retrouver deux anciens locataires du Park Lodge, Matt et Beca, qui ont été les premiers à venir sur Melbourne, tout de suite après avoir appris que leur projet de fruit picking s’était embrasé dans les flammes du bushfire. Voilà notre effectif passé à neuf, et ce n’est pas fini.

Bridie O'Reilly's

Oui, quelques minutes plus tard, ce sont Pierre et Andréa qui nous rejoindront, eux étant directement arrivés à Melbourne de Paris au début du mois de février. Les grandes retrouvailles, chargées d’une émotion palpable, lorsqu’Estelle a enfin pu étreindre sa chouchou, et vice versa. Ce fut un grand moment de pouvoir retrouver des amis français tout simplement à l’autre bout du monde. Hier, on trinquait à Aix en Provence. Aujourd’hui, on lève notre verre à Melbourne.

Bridie O'Reilly's

La soirée s’est achevée un peu plus loin, dans le Lucky Coq, dénomination à la consonance anglaise pouvant porter à confusion. Un lieu aux plusieurs facettes, avec le bar au rez-de-chaussée, ainsi qu’une salle de diffusion style home-cinéma, et à l’étage, une grande terrasse à ciel ouvert. Nous y resterons quelques heures, mais serons sage sur l’horaire car demain, la visite de la ville nous attend. La journée fut bien remplie, et Paddy’s Day bien célébré. Amen.

Walking home

16
mar
09

Flying to Melbourne for a few days

Une semaine auparavant, Colm, Edel et Sue ont quitté le Park Lodge avec leur belle berline de location pour descendre vers Melbourne où ils resteront une semaine, avant de s’envoler vers Perth. Il était convenu que la Saint Patrick se fêterait avec ces irlandais et, puisqu’ils s’étaient enfuis vers le sud, nous allons partir à leur rencontre. Nous avons donc réservé deux billets d’avion sur la compagnie JetStar et à 17h, nous avons quitté Sydney pour atterrir, 1h30 plus tard, à Melbourne.

Melbourne Avalon

Melbourne Avalon

Nous nous sommes très rapidement liés d’amitié avec certaines personnes rencontrées ici même, au Park Lodge, et plus précisément des irlandais. Il est toujours hasardeux de généraliser mais force est de constater qu’ils partagent une joie de vivre, une générosité et une hospitalité sincère, ne laissant d’autre choix que de les apprécier et d’avoir envie de passer du temps avec eux. On se croirait presque au milieu d’un remake de « Bienvenue chez les Ch’tis » (qui, soit dit en passant, est à l’affiche ici sous le nom de « Welcome to the Sticks »).

Melbourne Avalon

Nous sommes descendus à l’aéroport Melbourne Avalon, situé à 55 km du centre de la ville. Colm est venu nous chercher là où la navette nous a déposés et nous sommes partis, traversant la ville de Melbourne de nuit, vers le quartier de Saint Kilda, sur Fitzroy Street, là où ils louent un très joli appartement pour la semaine.

Melbourne Avalon

Saint Kilda est un quartier très prisé ici, situé au bord de l’océan indien, avec un grand nombre de bars et restaurants rendant les nuits de Melbourne très actives. Leur appartement est de haut standing, spacieux et cossu, un havre parfait pour profiter de leurs vacances. Ils disposent même d’un matelas supplémentaire, ce qui nous permettra d’éviter de louer quoique ce soit pour les trois jours que l’on compte passer ici.

Melbourne flat in St Kilda

L’accueil se fera avec une grande plâtrée de spaghetti bolognaise, appelée « Spag’Bo », préparée par Sue, l’anglaise au milieu du couple d’irlandais. Nous serons rejoins ensuite par Vivi et Jérôme, le couple de français partis il y a quelques semaines vers la ville d’Orange pour y cueillir des pommes. Et nous passerons donc la soirée tous les sept, en attendant impatiemment de célébrer le lendemain, la fête de la Saint Patrick.

Spag'Bo with Estelle, Colm, Jerome, Sue, Vivi, Edel

Spag'Bo with Estelle, Colm, Jerome, Sue, Vivi, Edel




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